Négociations salariales: les syndicats retirent déjà la prise

La FGTB de Thierry Bodson (photo), mais aussi la CSC et la CGSLB refusent la marge salariale de 0,4% ©BELGA

Les syndicats ne se présenteront pas mercredi aux négociations en vue d'aboutir à un accord interprofessionnel. La CSC, la FGTB et la CGSLB refusent la marge salariale de 0,4%.

À peine 24 heures après leur première réunion avec le patronat en vue d'aboutir à un accord interprofessionnel (AIP 2021-2022), les représentants des travailleurs ont claqué la porte.

"Il est impossible de négocier des augmentations salariales suffisantes à l’intérieur d’un carcan aussi étriqué."
Le front commun syndical

Le motif de leur courroux? La marge salariale de 0,4% établie par le Conseil central de l'économie et à laquelle le banc patronal refuse de toucher. "Il est impossible de négocier des augmentations salariales suffisantes à l’intérieur d’un carcan aussi étriqué", estiment les syndicats (CSC, FGTB, CGSLB). Au lieu de se présenter mercredi au deuxième round des discussions, ils s'exprimeront donc devant la presse. 

Selon eux, la marge, qui a été calculée via le "logiciel truqué" de la loi de 1996, ne peut pas être prise au pied de la lettre dans les circonstances actuelles. Arguant que certains secteurs ont mieux résisté que d’autres pendant la crise, les représentants des travailleurs demandent que cette marge ne soit pas contraignante, mais indicative. Cela permettrait potentiellement aux secteurs en bonne santé, comme l'industrie pharmaceutique par exemple, de procéder à des augmentations au-delà de cette marge, sans s'exposer à des sanctions.

"Une gifle pour les entrepreneurs"

"Les déclarations des syndicats sont une gifle pour les entrepreneurs qui luttent actuellement pour la survie de leur entreprise."
Organisations patronales

Côté patronal, les déclarations syndicales passent mal, très mal même. "Elles sont une gifle pour les entrepreneurs qui luttent actuellement pour la survie de leur entreprise et pour le maintien des emplois de leurs collaborateurs", assènent les organisations d'employeurs (FEB, UCM, Unizo et Boerenbond). Déplorant une attitude syndicale "incompréhensible et irresponsable", elles maintiennent leur position et rappellent que la marge de 0,4%, qui a été fixée dans le respect de la loi, viendra en sus de l’indexation des salaires.

"Quitter la table des négociations avant même que le débat de fond sur les salaires ait réellement commencé est une négation totale du modèle de concertation sociale belge", ajoutent-elles.

"Ce type de négociations n'est jamais un long fleuve tranquille. Pour l'heure, nous espérons vraiment que les deux parties vont reprendre leurs discussions."
Le cabinet de Pierre-Yves Dermagne
Ministère de l'Économie et du Travail

Si les deux bancs campent sur leurs positions, le dossier pourrait prochainement atterrir dans les mains du gouvernement. Cette dernière option n'est toutefois pas envisagée pour l'instant, nous assure-t-on au cabinet du ministre de l'Économie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS). "Ce type de négociations n'est jamais un long fleuve tranquille. Pour l'heure, nous espérons vraiment que les deux parties vont reprendre leurs discussions", y précise-t-on.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés