Négociations salariales: sauvez ce qui peut l'être!

Journaliste politique

Faute d'accord sur les salaires, les partenaires sociaux gagneraient à s'entendre sur d'autres dossiers pour redorer leur blason.

Les négociations salariales entre patrons et syndicats n'aboutiront pas. Quelques jours avant la date butoir du 1er mai, les représentants des travailleurs ont estimé qu'il était vain de poursuivre les pourparlers sur cette question. À les entendre, la responsabilité de l’échec incombe au patronat. Qu'en pense ce dernier? L'inverse évidemment.

Loin de nous l'idée d'accorder de bons et de mauvais points. Depuis le début des négociations, une constante s'est cependant dégagée: d'un côté comme de l'autre, les attitudes jusqu'au-boutistes, voire dogmatiques, ont trop souvent prévalu. Les mains tendues et les compromis ont par contre cruellement fait défaut.

Soyons clairs, l'échec de ces discussions n'arrange personne. Les travailleurs n'obtiendront pas d'augmentation au-delà de la marge de 0,4%, même dans les entreprises en bonne santé, tandis que les employeurs ne pourront pas espérer la paix sociale lors des deux prochaines années. Une situation hautement inconfortable à l'heure où le pays traverse la pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale. La concertation au sein du Groupe des Dix, déjà qualifiée de moribonde, prend quant à elle un nouveau coup en pleine figure, tandis que le gouvernement se retrouve avec un dossier potentiellement explosif sur les bras. Bref, tout le monde est perdant...

Bien que cet échec collectif soit regrettable, il convient de sauver ce qui peut encore l'être.

Bien que cet échec collectif soit regrettable, il convient de sauver ce qui peut encore l'être. Jeter de l'huile sur le feu et attiser le conflit entre partenaires sociaux n'arrangera rien. Au contraire, patrons et syndicats gagneraient à s'entendre rapidement sur d'autres dossiers clés, à l'instar de la revalorisation du salaire minimum, les heures supplémentaires ou encore les fins de carrière. Des accords seraient bons pour restaurer la confiance. Ils démontreraient que la concertation interprofessionnelle n'est pas vaine, mais aussi que la Vivaldi ne s'est pas trompée en prévoyant de consulter intensivement les interlocuteurs sociaux sous cette législature.

Du côté du gouvernement, trancher rapidement la question de la norme salariale, de préférence en évitant un clash entre ses ailes gauche et droite, ne serait pas un luxe. À moyen terme, un débat de fond sur la pertinence de la loi de 1996, qui encadre la fixation des salaires, ne devrait pas non plus être éludé. Car sans révision du mécanisme actuel, le triste spectacle qui nous a été offert lors de ces négociations risque bien de nous être resservi en 2023.

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