La formation fédérale patine.

La formation du gouvernement donne lieu depuis une semaine à des séquences médiatiques qui ne sont pas franchement de nature à réconcilier le bon peuple avec la politique.

Jeudi dernier, le CD&V utilisait l'impasse fédérale pour empêcher le vote d'une loi sur l'interruption volontaire de grossesse qui peut s'appuyer cependant sur une majorité parlementaire. Lundi, c'est sur Twitter que le MR réglait ses comptes avec un parti, le cdH, dont dépend pourtant sa réussite dans cette tâche complexe qu'il a entamée avec le CD&V et l'Open Vld. Georges-Louis Bouchez, le président des libéraux francophones, continuant de faire feu de tout bois sur les réseaux sociaux alors que la mission qu'il s'est lui-même assignée – former cette coalition Arizona – demande un minimum de doigté, d'humilité et de discrétion.

Le cdH, petit parti de 5 députés, est demandé à la table alors qu'aucun travail préalable n'a été mené pour le mettre en confiance.  Tout cela donne l'impression diffuse d'une absence totale de méthode, voire de chaos. Et ce ne sont pas les larges sourires affichés dans les selfies postés par les acteurs de la pièce qui compenseront ce déficit de cohérence. 

S'il veut réussir à jeter les bases de cette coalition Arizona, le trio Bouchez/Coens/Lachaert doit surtout convaincre deux partis d'entamer de véritables négociations, le sp.a et les humanistes francophones.

S'il veut réussir à jeter les bases de cette coalition Arizona, le trio Bouchez/Coens/Lachaert doit surtout convaincre deux partis d'entamer de véritables négociations, le sp.a et les humanistes francophones. Pour ces deux formations modestes (9 et 5 députés), l'aventure s'annonce aux antipodes d'une sinécure. La première doit renoncer à gouverner avec son partenaire francophone, le PS, dans un attelage de centre droit, le second doit accepter de soutenir une coalition ultraminoritaire côté francophone. On rappellera aussi que Conner Rousseau, le président du sp.a, avait affirmé mi-juin avoir exploré sans succès toutes les majorités fédérales possibles avec Paul Magnette. Bouchez, Coens et Lachaert ont dit "chiche".

Trois semaines plus tard, ils sont toujours au milieu du gué et la confiance ne gagne toujours pas les protagonistes.  Dans le même temps, la Première ministre MR, Sophie Wilmès a pris l'initiative de doter la Belgique d'un plan de relance qui doit pourtant servir de ciment à la négociation menée par les trois "Rois mages". Il faudra sans doute un peu plus de rationalité et un peu moins de désordre pour que l'épisode de ce trio, pour l'heure plus photogénique qu'efficace, puisse convaincre que nous vivons autre chose qu'une phase destinée à passer l'été avant une rentrée préélectorale.

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