"Non, à la privatisation de la SNCB. Oui, à l'expertise suisse"

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Le ministre en charge de la Mobilité, François Bellot, juge qu’une privatisation des chemins de fer n’est pas la voie à suivre. Il plaide en revanche pour un rapprochement avec les Suisses.

Il n’est pas né celui qui fera perdre son sang-froid à François Bellot. Le placide ministre fédéral en charge de la Mobilité accueille néanmoins la charge de son collègue de gouvernement Alexander De Croo avec une pointe d’agacement. 

Mais pour faire bref, la privatisation, pour Bellot, c’est non! "Ce n’est même pas que j’y sois idéologiquement opposé . Mais je serais bien en peine de vous citer une seule société de chemin de fer privatisée où les choses se déroulent mieux que dans les sociétés publiques de chemins de fer. Ce n’est pas la réponse adéquate à apporter aux problèmes de la SNCB.  J’ajoute ceci: je me demande bien quel opérateur privé/financier va venir frapper à la porte de la SNCB alors que les chemins de fer sont sous perfusion étatique et que chaque année nous versons une dotation publique avoisinant les 2,8 milliards d’euros. Cela m’apparaît hautement improbable."

Par contre, s’il y a un volet où François Bellot peut rejoindre Alexander De Croo, c’est bien sur l’expérience et les enseignements à tirer de l’expertise étrangère. Et de citer la Suisse et le Japon - les deux maîtres en la matière que ce soit en fiabilité, en rentabilité ou en respect des horaires.

"Je plaide comme M. De Croo pour que les conseils d’administration des deux organes soient à l’avenir les reflets de l’expertise ferroviaire et non plus, effectivement, des émanations du politique. L’expertise ferroviaire cela ne s’acquiert pas en lisant des rapports pendant deux mois, mais en ayant passé des années sur le terrain. En ce sens, c’est vrai, je souhaite que les CA, que nous devrons renouveler l’année prochaine, soient remodelés dans cette direction. Il est indéniable que les Suisses disposent d’une expertise reconnue et sans pareil - de même que les Japonais. Mais les Suisses s’inspirent déjà des Japonais donc contentons-nous déjà de copier ce que les Suisses font de mieux. Nous pourrions commencer de deux manières: en envoyant certains cadres de la SNCB et d'Infrabel auprès des chemins de fer suisses. Et en intégrant certains représentants suisses dans nos propres structures; c’est d’ailleurs ce que font les Allemands de la Deutsche Bahn."

Plus tôt dans la journée, les syndicats s'étaient déjà opposés aux déclarations d'Alexander De Croo.  

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