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Nos ministres veulent 800 millions d'euros

Jan Jambon et Koen Geens ont émis des demandes de crédits budgétaires particulièrement importantes. ©BELGA

Les différents ministres ont rentré leurs demandes pour le contrôle budgétaire: la Justice, l’Intérieur et la Défense sont les gros postes. Charles Michel ne pourra pas satisfaire tout le monde et donnera priorité à la sécurité.

La période des soldes est à peine finie que, déjà, s’ouvre celle des grandes manœuvres budgétaires dans la perspective du contrôle que le gouvernement fédéral doit tenir à la fin du mois de mars. Les différents ministres du gouvernement fédéral s’activent donc à rentrer leurs différentes demandes pour disposer de davantage de crédits budgétaires – ces demandes sont rentrées auprès du ministre du Budget Hervé Jamar ainsi que du cabinet du Premier ministre Charles Michel. Ceux-ci centralisent le tout et vont à présent, informellement, commencer le travail d’élagage budgétaire.

Selon nos informations, les demandes actuelles portent sur un total de 800 millions d’euros.

• Qui réclame? Trois départements fédéraux représentent à eux seuls la toute grosse partie de ces nouvelles demandes budgétaires: la Justice (Koen Geens, CD & V), les Affaires intérieures (Jan Jambon, N-VA) et la Défense (Steven Vandeput, N-VA).

La sécurité a un coût, il faut le supporter, on ne plaisante pas avec cela. On demande plus de moyens.
Jan Jambon
Vice-premier ministre

Parmi ces trois "demandeurs", c’est le ministre de la Justice qui se présente devant ses collègues avec les requêtes budgétaires les plus importantes. C’est que Geens, mis sous pression par des magistrats qui crient famine, a des demandes de crédits "très importantes", confirment plusieurs sources qui refusent, à ce stade, de détailler les demandes de la Justice. L’arriéré judiciaire est énorme et les factures impayées s’accumulent: tout le monde reconnaît que le département de la Justice doit d’urgence être refinancé.

©AFP

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon a également formulé des requêtes budgétaires conséquentes pour les services de police — soumis à un régime d’économies strictes depuis plusieurs années. À ces demandes importantes s’ajoutent des requêtes plus petites émanant d’autres départements ministériels ou autres — comme celles émanant, par exemple, des services de renseignement. Une partie d’entre elles pourra être couverte par la fameuse "provision interdépartementale" — un sas budgétaire de décompression de 300 millions d’euros mais dont une partie a déjà été allouée.

 

"La barre est haute"

Reste qu’il est d’ores et déjà certain que toutes les demandes ne pourront être rencontrées. "800 millions, c’est un chiffre farfelu", note une haute source gouvernementale. "C’est beaucoup trop élevé car chaque responsable de département place la barre très haut pour pouvoir la descendre durant la négociation budgétaire. C’est de bonne guerre".

Et de fait: la tirelire pour les nouvelles dépenses ne s’ouvrira que parcimonieusement et avec un seul objectif prioritaire: répondre aux impératifs de sécurité. "Ce sera le point cardinal de ce contrôle budgétaire: veiller à répondre au mieux aux demandes ayant un lien avec la sécurité", note-on au sein de la coalition fédérale.

Il est clair que le niveau élevé (3) de la menace terroriste en Belgique a conscientisé l’opinion publique à la nécessité de mettre la main au portefeuille pour assurer la sécurité de tous: "La sécurité a un coût, il faut le supporter, on ne plaisante pas avec cela. On demande plus de moyens", commente le vice-Premier ministre Jan Jambon (N-VA).

"La sécurité sera le point cardinal pour ce contrôle budgétaire. On doit répondre à certaines demandes urgentes."
Une source gouvernementale

On va donc procéder au compte-gouttes pour distribuer les nouveaux crédits, même si le collier budgétaire de la Commission européenne s’est quelque peu desserré récemment puisque la Belgique a quitté la zone européenne de danger immédiat, les perspectives de croissance demeurent mauvaises. Pour l’heure, le round de tractations entre les services du Budget, le cabinet du Premier ministre et les différents départements n’est qu’informel.

• Quand? Les vrais débats commenceront le 15 mars quand le Comité de monitoring déposera sur la table du gouvernement son rapport avec les chiffres définitifs des efforts budgétaires à fournir pour rester dans les clous. Et bien entendu, plus le trou budgétaire est important, moins il y aura de crédits à distribuer pour les départements ministériels.

Et puis, alors que N-VA et CD & V s’écharpent régulièrement sur le flanc flamand de la coalition, c’est un troisième larron qui pourrait être tenté de tirer son épingle du jeu budgétaire à venir. Les libéraux flamands restent en effet très silencieux mais… ils ne sont certainement pas disposés à se lancer dans une politique de cadeaux. Ainsi la ministre des Affaires sociales Maggie De Block n’a pas encore réellement indiqué si elle avait de nouvelles demandes de dépenses. "Elle va peut-être proposer des économies supplémentaires", pointe-on même au gouvernement. Ne haussez pas les épaules: elle en est capable…

©BELGA

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