Nouveau contretemps pour la Vivaldi, Bouchez cristallise les critiques

Les propos de Georges-Louis Bouchez ont énervé ses partenaires à la table des négociations, y compris à l'Open Vld. ©Photo News

Les discussions entre les 7 partis sont suspendues. En cause, semble-t-il, l'interview accordée à Humo par Georges-Louis Bouchez (MR). Les cinq partis non-libéraux réclament Sophie Wilmès à la table des négociations pour "cadrer" Bouchez.

Nouvelle fausse note dans la partition Vivaldi. Les discussions entre les 7 partis autour de la table pour la formation d'une coalition fédérale sont provisoirement suspendues et les deux préformateurs Egbert Lachaert (Open Vld) et Conner Rousseau (sp.a) se rendront ce lundi chez le Roi sans accord au sujet de la désignation d'un formateur.

En cause, semble-t-il, l'attitude imprévisible du président du MR Georges-Louis Bouchez. Celui-ci a accordé ce week-end une interview au magazine flamand Humo où il déclare notamment que "le gouvernement sera plus à droite avec les Verts qu'avec la bourguignonne".

"Le programme socio-économique de la N-VA nous convient beaucoup mieux."
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

Pour rappel, la bourguignonne désigne la coalition associant PS, N-VA et la famille libérale, coalition qui avait été envisagée durant l'été.

"L'aversion du PS pour la N-VA était si grande que l'accord de coalition (un moment négocié entre les deux principaux partis belges) devait être très à gauche, faute de quoi (le président des socialistes francophones, Paul) Magnette ne l'aurait jamais vendu à son parti" et "la coalition Vivaldi (en négociation entre sept partis) sera plus à droite que la paars-geel (violette-jaune)", a déclaré Georges-Louis Bouchez.

Selon lui, la Vivaldi sera nettement plus à droite. "Le contenu d'un accord gouvernemental est surtout déterminé par le parti qui doit faire les plus grands efforts pour monter à bord. Et dans cette coalition, je dois venir de plus loin que les Verts et les socialistes. Ne vous y trompez pas, j'ai également dû expliquer à mes troupes pourquoi nous n'allons pas gouverner avec la N-VA, mais avec les Verts. Le programme socio-économique de la N-VA nous convient beaucoup mieux", a-t-il expliqué.

Sophie Wilmès doit rester

Georges-Louis Bouchez Bouchez maintient également le nom de Sophie Wilmès en tant que Premier ministre du nouveau gouvernement Vilvaldi. Au moment de désigner un Premier ministre "il faudra avoir des arguments très convaincants pour que ce ne soit pas Sophie", a-t-il souligné.

Les partenaires du MR dans la Vivaldi exigent que la Première ministre Sophie Wilmès participe aux négociations pour cadrer son président de parti Georges-Louis Bouchez. ©BELGA

Les partenaires à la table des négociations avaient du mal, dimanche soir, à dissimuler leur agacement. Certains accusent Bouchez de vouloir revenir sur des accords engrangés par les sherpas (les participants des groupes techniques). Ils déplorent également que Bouchez se soit absenté à plusieurs reprises durant les réunions.

Enfin, plusieurs négociateurs pointent l'absence de connaissance du néerlandais de Georges-Louis Bouchez comme problématique. "Il ne saisit pas les subtilités techniques des discussions."

L'Open Vld en a assez de Georges-Louis Bouchez

D'autres échos mentionnent la constitution d'un "front de gauche" contre Georges-Louis Bouchez avec le préformateur Egbert Lachaert (Open Vld) dans le rôle d'arbitre. Ce qui montre, selon plusieurs participants, que les libéraux flamands commencent à en avoir assez du côté imprévisible de Georges-Louis Bouchez. D'autres ont observé la grande retenue d'Alexander De Croo à la table de négociation, "car il veut conserver ses chances d'empocher le 16".

Le président du MR, lui, s'est défendu en indiquant qu'un accord entre sherpas n'avait pas valeur d'accord définitif. C'est aux présidents de partis que revient le pouvoir de trancher, juge-t-il.

Les cinq partis non-libéraux de la Vivaldi "exigent la présence de Sophie Wilmès à table pour cadrer Georges-Louis-Bouchez et le mettre sous tutelle car il est incontrôlable."
Un proche des négociations

De leur côté, les préformateurs Egbert Lachaert et Conner Rousseau devaient entamer dimanche soir des discussions bilatérales avec chacun des autres partis autour de la table (Ecolo, Groen, CD&V, PS, MR) afin de rétablir la confiance. Aucune réunion pléniaire n'était pévue avant ce lundi.

En début de soirée, les cinq partis non-libéraux de la Vivaldi posaient leurs conditions pour une reprise des négociations. "Ils exigent notamment un changement dans la composition de la délégation MR, affirme un proche des négociations. Ils exigent la présence de Sophie Wilmès à table pour cadrer Georges-Louis-Bouchez et le mettre sous tutelle car il est incontrôlable".

Il faudra donc patienter encore un peu avant de connaître le nom d'un formateur (et probable futur Premier ministre). Un gouvernement doit en principe être constitué pour le 1er octobre.

Un rendez-vous est toujours prévu cet après-midi chez le Roi. D'ici là, les négociateurs devraient à nouveau se réunir à l'issue des bureaux de parti prévu ce lundi matin.

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