Nouveau départ pour la station polaire Princesse Elizabeth

Après avoir été au cœur d'une tornade judiciaire, la station polaire veut se recentrer sur ses missions scientifiques. ©REUTERS

Le conseil d'administration de la Fondation polaire internationale, qui gère la station Princesse Elisabeth, fait peau neuve. Louis Greindl en prend la présidence. L'idée est de pérenniser l'activité.

Le calme après la tempête. Le 21 juin dernier, en toute discrétion, une page s'est tournée pour la station polaire Princesse Elisabeth. La plupart des administrateurs historiques de l"International Polar Foundation (IPF), l'organe qui gère la station, ont donné leur démission. Presque tous atteignaient la limite d'âge et ils n'ont pas ménagé leurs efforts ces dernières années pour garder la barre alors qu'un conflit judiciaire entre la fondation polaire et les autorités belges occupait le devant de la scène. 

Passer la main

Parmi les démissionnaires, on retrouve Jacques Brassine, qui était le président de l'IPF, l'homme d'affaires Philippe Bodson, François-Xavier Huberlant et Henri Tassenoy, le trésorier de l'IPF. "Il y a une volonté de redynamiser la station polaire. Maintenant que les dossiers juridiques sont terminés, il faut relancer les projets scientifiques", nous a expliqué Henri Tassenoy. Pour ce dernier, il ne s'agit de rien de moins qu'un nouveau départ pour la station polaire Princesse Elisabeth

"Maintenant que les choses sont en ordre, il est peut-être temps de passer la main."
Philippe Bodson
Ex-administrateur de la Fondation polaire

Philippe Bodson, que nous avons également contacté, ne dit pas autre chose. "Nous étions là quand Alain Hubert et la fondation polaire ont fait l'objet d'attaques de la part de l'administration publique. Cela a causé de grandes difficultés, c'était très compliqué mais à la fin, notre entêtement a porté ses fruits. On a tout gagné et le gouvernement a payé tout ce qu'il devait", nous a précisé Philippe Bodson. "Maintenant que les choses sont en ordre, il est peut-être temps de passer la main", a-t-il encore expliqué. Ce dernier fait encore partie du comité stratégique du secrétariat polaire, un organe composé de membres de l'IPF et des autorités et chargé de gérer la station. S'il ne quitte pas cette fonction, c'est parce qu'un gouvernement en affaires courantes ne pourra pas organiser de vote pour recomposer cet organe. Et pas question, par son départ, de rompre la parité. 

Nouvelle vague

Dorénavant, la présidence de l'IPF sera assurée par Louis Greindl, le patron de Greencap, une société active, entre autres, dans la vente de sapins de Noël. "Je reviens de trois semaines passées dans la station polaire, nous a expliqué le nouveau président. La Belgique doit pouvoir être fière de posséder et faire tourner un endroit comme celui-là. Il faut voir comment c'est organisé, comme cette station tourne alors que nous sommes dans le domaine de l'extrême. Sur place, j'ai été confronté à des températures de moins 50 degrés", nous a expliqué Louis Greindl. 

"La Belgique doit pouvoir être fière de posséder et faire tourner un endroit comme celui-là."
Louis Greindl
Président de la Fondation polaire

À peine revenu de la station polaire, le nouveau président se rendra dans les prochains jours chez David Clarinval, le vice-Premier en charge, entre autres, de la Politique scientifique. "C'est lui qui nous donne le budget pour la gestion de la station, je me sens le devoir de l'informer de ce que j'ai vu, je ne veux pas être un président assis sur sa chaise", nous a encore déclaré Louis Greindl. Le nouveau président est clair: sa première mission sera de pérénniser la Fondation polaire internationale, assure celui qui dit être arrivé avec sa structure financière qu'il qualifie de "pragmatique et rigoureuse". 

Pour arriver à ses fins, le nouveau président de l'IPF n'est pas seul. Dans son conseil, on retrouve également des personnalités comme Nighat Amin, l'épouse d'Alain Hubert (le "père" de la station polaire), l'ingénieur Eric Goens, Jacques de Mevius et Olivier Perier, vice-président du conseil d'administration de D'Ieteren. 

À quoi sert la station polaire? 

Depuis que la hache de guerre entre l’État et la Fondation polaire est enterrée, la sérénité est revenue sur la banquise. De quoi remettre les scientifiques à l’avant-plan. "La station polaire est une plateforme pour la recherche en Antarctique et elle est intéressante pour différentes raisons", nous a expliqué Frank Pattyn, glaciologue à l’ULB. Intéressante car située dans une zone désertique. La première station suivante est à plus de 400 kilomètres. Intéressante également car au cœur du processus permettant de mieux comprendre le réchauffement climatique.

En moyenne, la station polaire voit passer chaque année entre 4 et 8 missions. En plus de l’accueil des scientifiques venus du monde entier, les responsables de la station se chargent de la maintenance et des relevés d’instruments de mesure installés par les chercheurs. Rien que cette année, plus de 70 personnes sont passées à la station.

Un bémol ? Les budgets consacrés par le Fédéral à la recherche en Antarctique ne sont pas assez élevés.

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