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Nouveau (et meilleur) statut pour les médecins assistants

Aux Cliniques Saint-Luc, à Bruxelles, on se prépare à la grève de ce jeudi. Les Cliniques occupent quelque 400 assistants. ©BELGA

"Un accord historique", se réjouit le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. Ce qui n'empêche pas une grève, côté francophone, ce jeudi 20 mai.

Voilà un dossier qui aura mis plus de dix ans à être bouclé, et dont la naissance sera malgré tout boudée par une partie de ses bénéficiaires. De quoi s'agit-il? Des "Macs", pour médecins assistants candidats spécialistes, ces médecins en formation œuvrant, sans ménager leur peine, au sein des hôpitaux.

Horaires insensés, gardes interminables, rémunération au lance-pierre, voilà des années que les dernières générations d'assistants montrent les dents et n'acceptent plus pareilles conditions de travail. Un chantier officiellement mis sur les rails en 2011, lorsque l'on parle d'élaborer une nouvelle convention collective, et qui s'embourbe depuis lors, de lettres en assemblées, d'avis en réunions, en passant par des arrêts de tribunaux.

Grève maintenue

Relancé par Maggie De Block (Open Vld) début 2020, ce dossier faisait l'objet d'âpres négociations depuis plus d'un an au sein de la Commission paritaire nationale réunissant médecins et hôpitaux, présidée par l'Inami. Tensions à la clef, puisque l'échéance du 19 mai avait été brandie par les assistants le mois dernier: si une proposition acceptable pour tous n'était bouclée d'ici-là, ce serait la grève à partir du 20 mai.

"Nous n'avons pas du tout été écoutés. Les hôpitaux privilégient la rentabilité budgétaire à la qualité des soins. Les décisions seront prises sans nous."
Jean-Michel Mot
Président du Cimacs

Autant dire que la pression était forte sur le dernier round des négociations prévu ce mercredi. Et que, fin de journée, l'affaire semblait mal embarquée, les assistants francophones, représentés par le Cimacs (pour Comité interuniversitaire des médecins assistants candidats spécialistes), claquant la porte des négociations, mécontents. "Nous n'avons pas du tout été écoutés", déplorait son président, Jean-Michel Mot. Les hôpitaux privilégient la rentabilité budgétaire à la qualité des soins. Les décisions seront prises sans nous." Autant dire que, côté francophone, la grève prévue ce jeudi est maintenue.

Mais accord tout de même

Après un petit moment de flottement et une conférence de presse annulée, il a tout de même été décidé de poursuivre. Même s'il ne plaît guère à tout le monde, médecins et hôpitaux ont paraphé cet accord, qui s'appliquera à tous, mécontents ou ravis – du côté du Vaso, le pendant néerlandophone du Cimacs, on parle d'un "accord historique".

"Chaque partie y a mis du sien. L’accord médico-mut prévoyait 10 millions pour les Macs. Les hôpitaux ont aussi fait un dernier effort dans la dernière ligne droite.  Je me suis engagé au nom du gouvernement à dégager 20 millions supplémentaires."
Frank Vandenbroucke
Ministre fédéral de la Santé

"Historique", le terme est également sur les lèvres du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit), qui remercie Jo De Cock, le patron de l'Inami, d'avoir bouclé ce dossier maudit. "Chaque partie y a mis du sien. L’accord médico-mut prévoyait 10 millions pour les Macs. Les hôpitaux ont aussi fait un dernier effort dans la dernière ligne droite.  Je me suis engagé au nom du gouvernement à dégager 20 millions supplémentaires." Soit une rallonge de 30 millions, ce qui représente une hausse de 10% du budget, fait valoir le cabinet Vandenbroucke.

Contrat de travail uniforme et hausse salariale

Que prévoit cet accord? La fin des rémunérations à la tête du client, notamment, puisqu'un contrat de formation uniforme verra le jour le 1er août. Une revalorisation salariale, tant pour le salaire de base (passant de 3.111,92 à 3.761,92 euros bruts au fil de la formation) que pour les prestations "exceptionnelles" (heures supplémentaires, gardes de nuit et autres dimanches et jours fériés).

3.111,92
euros bruts
En première année, le salaire de base s'élèvera à 3.111,92 euros bruts, indexés chaque année. Un montant qui grimpera au fil de la formation, pour atteindre 3.761,92 euros bruts en dernière année.

À cela s'ajoute le respect du temps de travail, une garantie portant sur les 20 jours de congés légaux et 10 jours fériés, ou encore une indemnité de 100 euros pour couvrir les frais de déplacement et de téléphonie. Sans oublier une meilleure protection sociale, avec une protection accrue durant la grossesse et un salaire garanti dès le premier jour d'incapacité.

Et ce n'est qu'un début, fait-on valoir chez Frank Vandenbroucke. Le travail doit se poursuivre en Commission paritaire. Au menu notamment, l'assimilation des années d'assistanat dans le calcul de la pension, la création de stimuli financiers pour les disciplines en pénurie ou encore... l'inclusion des assistants au sein de ladite Commission.

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