Nouvelles révélations dans l'affaire Chovanec

Jan Jambon, ministre de l'Intérieur à l'époque du décès de Jozef Chovanec, s'exprimera mardi prochain en commission de la Chambre. ©BELGA

Les circonstances du décès de Jozef Chovanec, en 2018, et la façon dont l'accident fut alors communiqué au cabinet de Jan Jambon (N-VA), ex-ministre de l'Intérieur, ne cessent de poser question.

Jusqu'où l'information est-elle remontée en 2018? Et surtout, les différentes personnes informées ont-elles saisi la réelle teneur de l'affaire? L'instruction judiciaire est toujours en cours et les responsabilités ne sont pas encore établies dans la mort de ce passager slovaque qui avait présenté des caractéristiques du "syndrome du délire agité" avant de succomber à une crise cardiaque sous le poids des policiers dans une cellule de l'aéroport de Charleroi.

Un oubli supplémentaire

Lundi, se tiendra à huis clos autour de ce dossier une réunion de la Commission spéciale chargée de l'Accompagnement parlementaire du Comité P. Le lendemain, Jan Jambon, ministre de l'Intérieur à l'époque, et la patronne d'Europol Catherine De Bolle, cheffe de la police fédérale au moment des faits, comparaîtront en commission de la Justice et de l'Intérieur. Au vu des réactions allant parfois jusqu'à l'appel à la démission, on s'attend à ce que le patron de la Flandre soit cuisiné à feu vif.

"A ce moment-là, une procédure judiciaire était déjà lancée et il revenait au parquet d'enquêter sur les faits."
Jan Jambon
Ministre-président flamand (N-VA)

Le cabinet de Jambon a-t-il estimé à sa juste valeur cette affaire? L'actuel ministre-président flamand a expliqué que le rapport de police ne permettait "en aucune manière" de conclure à une intervention problématique des forces de l'ordre. "A ce moment-là, une procédure judiciaire était déjà lancée et il revenait au parquet d'enquêter sur les faits."

Mais Jan Jambon avait déclaré la semaine dernière qu'il n'avait "jamais" été informé de cette affaire. Il a confirmé par la suite que son cabinet était au courant mais que lui-même ne se souvenait pas. Pourtant, un compte rendu confidentiel (révélé par la VRT et De Standaard) d'une conversation entre l'ambassadeur slovaque Stanislav Vallo et le directeur des relations bilatérales du SPF Affaires étrangères indiquait: "L'ambassadeur slovaque Stanislav Vallo a eu contact avec le ministre de l'Intérieur Jan Jambon par l'intermédiaire du consul honoraire slovaque à Mons et lui a expliqué la situation. Le ministre n'a pas donné davantage d'informations sur l'affaire".

On ignore si le contact mentionné avec Jan Jambon fait vraiment référence à une conversation avec le ministre lui-même ou quelqu'un de son cabinet. L'ambassadeur slovaque de l'époque a déclaré à la VRT qu'il ne se souvenait plus à qui il avait parlé...

En quoi la responsabilité de Jan Jambon pouvait-elle être engagée? En tant que ministre de l'Intérieur et donc en charge de la police aéroportuaire, il aurait été habilité à demander de faire la lumière sur l'intervention de ses services de police.

De même qu'il était dans ses prérogatives de prendre des mesures pour éviter que se répète ce genre de situation. La policière responsable du salut nazi lors de l'intervention, comme le montre une vidéo, aurait pu être écartée rapidement.

L'actuel commissaire général de la police fédérale Marc De Mesmaeker se souvient, lui, de l'affaire. À l'époque, il était directeur général du Secrétariat administratif et technique de l'Intérieur (SAT), qui fait le lien entre la police intégrée et le cabinet du ministre de l'Intérieur. Il indique avoir reçu à l'époque un e-mail d'un collaborateur du cabinet avec une première évocation des faits. Sans images mais avec le commentaire suivant: "Nu ook in de pers - trigger voor vragen… (À présent également dans la presse - cela va susciter des questions)", a-t-il expliqué.

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