OCDE: une reprise lente en Belgique mais au prix de restrictions

©Photo News / Bert Van den Broucke

Le rythme de croissance de la Belgique sera tributaire de la compression des dépenses publiques ainsi que de réformes du marché de l'emploi, a précisé dans son dernier rapport l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Après l’emballement de la croissance au premier semestre de 2010, le rythme de l’expansion économique belge semble ralentir. Selon les prévisions de l'OCDE, la reprise sera tirée par les échanges mondiaux, du fait du tour restrictif que prend la politique budgétaire, et les assainissements des finances publiques. A cet effet, des compressions de dépenses à tous les niveaux de l’administration seront nécessaires, telle la limitation de l’alourdissement des coûts liés à l’âge. Un effort que devra compléter un réaménagement du marché du travail, par le biais notamment d'un système salarial plus flexible et d'incitations à la recherche d'un emploi. Car le niveau élevé du chômage  en Belgique, s’il persiste, risque de se traduire par une aggravation du chômage structurel.


TRAJECTOIRE DE REPRISE LENTE


Après une expansion exceptionnelle des exportations et de la formation de stocks au début de 2010, l’activité économique s’est ralentie malgré une politique budgétaire et monétaire expansionniste. Les ventes au détail se sont nettement redressées, portées par les ventes d’automobiles, elles-mêmes dopées par une prime écologique incitant à des achats anticipés. La production industrielle a augmenté suffisamment pour ramener le taux d’utilisation des capacités à sa moyenne de longue période.

Ces évolutions vont sans doute se poursuivre à la faveur d’une nette amélioration de la confiance des consommateurs, qui a retrouvé son niveau d’avant la crise, et, dans une moindre mesure, de l’état d’esprit des chefs d’entreprise, grâce à une légère reprise des commandes à l’exportation.

L’emploi a amorcé une hausse vers la fin de 2009 sous l’effet d’un accroissement de la demande de main-d’oeuvre dans les services. Le chômage a néanmoins augmenté en 2010 pour s’établir à plus de 8,75 %. En cause, la levée progressive du régime de travail à horaires réduits et d’une surprenante expansion de l’offre de main-d’oeuvre, compte tenu des perspectives de croissance toujours faibles


EFFET INFLATIONNISTE DE L'INDEXATION


Le renchérissement des prix de l’énergie a provoqué une accélération de l’inflation au printemps 2010, portée ainsi aux alentours de 2,5 % au milieu de l’année. Par la suite, les tensions inflationnistes se sont encore accentuées en raison du déclenchement du mécanisme d’indexation automatique des salaires, entraînant un ajustement en hausse des prestations de sécurité sociale en septembre, des rémunérations du secteur public en octobre et de la plupart des salaires du secteur privé par la suite.

En conséquence, l’inflation tendancielle a commencé à s’intensifier au milieu de l’année, après être restée stable à environ 1,25 % au premier semestre. Les accords salariaux pour 2011-12, qui ne sont pas encore signés, donneront sans doute une hausse négociée des salaires à peu près conforme à la norme d’évolution chez les trois principaux partenaires commerciaux de la Belgique. La compétitivité extérieure paraît néanmoins devoir continuer à s’effriter en raison de gains de productivité relativement faibles.


ASSAINISSEMENT DÉ
TERMINÉ DES FINANCES PUBLIQUES

Le déficit des administrations publiques pour 2010 devrait revenir à un peu moins de 5 % du PIB, sous l’effet des mesures d’assainissement, d’une plus forte croissance et du nonrenouvellement de certaines mesures ponctuelles ayant eu un effet négatif sur les recettes. Au moment de la rédaction de ces perspectives, les négociations relatives à la coalition n’avaient pas permis de désigner un nouveau gouvernement.

L’hypothèse budgétaire est donc que, en 2011, la Belgique réalisera à peu près trois quarts de la consolidation de 1 % prévue dans le programme d’assainissement à moyen terme. En 2012, la consolidation devrait représenter 1 % du PIB, avec une part égale pour l’accroissement des recettes et la réduction des dépenses. Cet effort, conjugué à une croissance plus rapide, devrait permettre de ramener le déficit à environ 4,5 % du PIB en 2011 et 3,5 % en 2012.

L’objectif à moyen terme d’équilibrage du budget en 2015 pourrait ainsi être atteint moyennant un effort d’ampleur similaire les années suivantes. En vertu des accords passés entre niveaux d’administration, l’administration fédérale et le système de sécurité sociale doivent réaliser deux tiers de l’assainissement, le reste incombant aux communes et aux régions, quels que soient les nouveaux accords en matière de fédéralisme budgétaire qui résulteront des négociations en cours sur la coalition.


AMÉLIORATION EN PERSPECTIVE


Le rythme de la reprise économique devrait s’accélérer de nouveau par suite du renforcement des échanges mondiaux, même si le resserrement de la politique budgétaire restreint l’activité. L’expansion de l’emploi restera donc relativement peu marquée en 2011 et le chômage n’amorcera sa décrue que vers la fin de l’année. Le principal risque qui obligerait à revoir les prévisions en baisse est celui d’un impact négatif des incertitudes politiques persistantes sur le moral des entreprises et la confiance des consommateurs. A l’inverse, une croissance plus rapide que prévue du commerce mondial améliorerait les perspectives d’évolution des exportations.

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