"On ne doit pas trop s'inquiéter de la valeur de l'euro"

Didier Reynders ©BELGA

Si, aux USA, vous posez la question "que vaut un dollar?", on vous prend pour un fou. Pour un Américain, un dollar vaut un dollar. Chez nous aussi, on ne devrait pas trop se préoccuper de la valeur de l’euro, souligne Didier Reynders.

Le ministre des Affaires étrangères et des Affaires européennes était l’invité d’un débat organisé à Bruxelles par le groupe financier La Française. Interrogé sur la glissade accélérée de l’euro face au dollar et un retour éventuel à la parité entre les deux monnaies, il rappelle que lorsqu’il était ministre des Finances, l’euro était tombé à moins de 0,90 dollar. Et qu’à l’époque, lorsque l’euro est remonté vers la parité, les entreprises commençaient à s’inquiéter. Tout est donc relatif.

Aujourd’hui, les entreprises peuvent tirer avantage de cette baisse de l’euro sur les marchés à l’exportation, mais aussi profiter du repli des cours pétroliers.

Si le dollar s’est apprécié récemment, dit-il, c’est en raison de la croissance assez forte de l’activité aux USA. "Mais il est difficile de dire quel est le point d’équilibre" entre les deux monnaies.

Engagements

"J’ai eu l’occasion d’introduire les pièces et billets dans la zone euro puisque la Belgique présidait la zone euro en 2001. Et j’ai toujours été étonné du nombre de questions sur la valeur d’un euro. Un jour, j’ai répondu à l’occasion d’une émission à la télévision qu’un euro valait… un euro. Si aux Etats-Unis, vous posez la question: ‘Que vaut un dollar?’, on vous prend pour un fou. Pour un Américain, un dollar vaut un dollar! Je suis toujours étonné que tous les matins, sur une chaîne de radio généraliste, on vous donne le cours de l’euro. Mais en quoi cela intéresse-t-il le citoyen moyen européen?"

Sur le dossier grec, il souligne que le pays doit respecter ses engagements. "Ce n’est pas parce qu’une majorité change politiquement que les engagements internationaux qui ont été pris peuvent être abandonnés. Mais la manière de les respecter peut être très différente. Le programme grec, aujourd’hui, est très différent de celui du gouvernement précédent. Mais il faut tenir ses engagements. Je reste convaincu que l’on peut donner du temps à la Grèce si son programme démontre que le pays peut revenir à une situation correcte sur le plan budgétaire, tout en créant de la croissance."

Il souligne aussi que beaucoup de Belges ne se rendent pas compte que jusqu’à présent, on a gagné de l’argent sur la Grèce. Car si on a évité à la Grèce d’aller se financer à du 30% sur les marchés financiers, en lui prêtant à 3 ou 5%, on a gagné de l’argent. "Regardez par comparaison où sont les taux belges aujourd’hui". Là aussi, Didier Reynders pense que la zone euro peut faire un geste en matière de taux d’intérêt si la Grèce respecte ses engagements. Il est d’avis qu’après des débuts plutôt chahutés, les différents membres du gouvernement grec vont progressivement trouver leurs marques.

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