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Partisans de la Vivaldi, surprenez-nous!

Editorialiste

La mission d'Egbert Lachaert est prolongée.

Quelque chose a bougé cette semaine dans l’arène politique belge. Egbert Lachaert, chef de file des libéraux flamands et chargé de mission royal, a fait savoir qu’il privilégiait la piste d’une majorité fédérale dite "Vivaldi", associant les familles libérale, socialiste et écologiste, augmentées des chrétiens-démocrates flamands.

Attention: rien n’est fait. Il n’est pas acquis que le CD&V y aille, encore moins que les négociations aboutissent. Il va encore y avoir des coups de bluff, des coups de pression, des coups dans l’eau, des coups bas.

Et sur le fond, il y a mille raisons d’échouer. Quelle fiscalité adopter, quelles mesures sociales, quelle relance économique, quelle ligne éthique, quelle dimension communautaire (car il y en aura une)…? Cela en fait, des questions à trancher, des équilibres à trouver. Autant d’occasions de se prendre les pieds dans le tapis.

Un projet politique au centre n’est pas forcément voué à finir en compromis tiédasse.

En attendant, une étape est franchie. Sans fermer définitivement la porte aux nationalistes flamands (ne jamais dire jamais en politique), ils ne seront pas à la table. Ce n’est pas rien. Il faut noter la prise de risque, disons même le courage d’un Egbert Lachaert qui, cette semaine, nous a fait entendre une musique rare en Flandre: il n’y a pas que la N-VA dans la vie.

On peut être sûr que, si la tentative aboutit, nationalistes et extrême-droite flamands mèneront une vie d’enfer à la majorité Vivaldi. Et alors? C’est la politique. Si l’opposition s’annonce musclée, cela rend d’autant plus importante la négociation qui s’annonce. La bâcler serait suicidaire.

L’équilibre entre les formations concernées se trouve au centre. Pour autant, le projet Vivaldi n’est pas automatiquement voué à finir en compromis tiédasse. Au centre ne signifie pas mou du genou.

Si les ego et les slogans faciles sont mis de côté (pas gagné, mais ça se tente), il doit être possible de viser une synthèse à la fois ambitieuse et réaliste. On ne parle de toucher les étoiles, mais de regarder en face les grands défis qui nous attendent. Une relance maligne, un accompagnement social bien pensé, une conscience budgétaire, une vision sur la transition. Tout ceci n’est pas simple, mais pas forcément incompatible. Bon travail, Messieurs Dames, soyez modernes, orientés long terme et surprenez-nous!

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