Pas de hausse de salaire "au mérite" en 2013

Belga

La perspective du statut unique bride les hausses salariales. Celles-ci seront moins importantes que prévu, selon une enquête de Hay Group. En cause aussi, le climat économique incertain.

Les hausses salariales dans les entreprises en 2013 seront moins généreuses que prévu. C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée par la société de conseil Hay Group auprès de 108 entreprises installées en Belgique et actives dans plusieurs secteurs.

En janvier, les entreprises ont revu à la baisse leur budget réservé aux augmentations salariales. Ce budget ne croîtra plus que de 3,2% au lieu des 3,5% initialement prévus en juillet dernier. En cause, l’incertitude économique du moment qui a pour effet d’éroder la confiance des entrepreneurs. La maîtrise des coûts fait dès lors l’objet d’une attention de tous les instants.

Mais il y a plus. Selon Walter Janssens, directeur chez Hay Group, les mesures gouvernementales ont également un effet modérateur sur l’évolution des salaires. "Certes, les entreprises tiennent compte du blocage des salaires annoncé. Mais il ne faut pas sous-estimer le climat d’incertitude qui plane autour du statut unique. L’augmentation éventuelle des coûts qui peut en découler pousse les entreprises à pratiquer l’austérité."

Le chiffre de 3,2% étant une moyenne, il ne reflète pas les différences selon les secteurs, ainsi que d’une entreprise à l’autre à l’intérieur d’un même secteur. Audi a ainsi accordé des gratifications substantielles à ses travailleurs de Forest, alors que Ford à Genk a au contraire fermé ses portes.

L’ancienneté prime

L’étude montre également que les entreprises ont du mal à récompenser correctement les bonnes performances réalisées au travail. "Les automatismes intrinsèques au système de rémunération belge, comme les augmentations automatiques liées à l’index et à l’ancienneté, sont les causes récurrentes de ce phénomène. Par conséquent, la marge qui subsiste pour récompenser les compétences ou les performances est quasi nulle", explique Walter Janssens.

Hay Group plaide depuis longtemps pour redéfinir les barèmes liés aux années de service. Ces automatismes pourraient prendre fin après 5 à 10 ans, suggère le consultant. "Étant donné que le système de rémunération pour les ouvriers est beaucoup moins axé sur l’ancienneté que pour les employés, le statut unique est l’occasion parfaite de le faire."

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