Personal branding: l'image et la visibilité en appui des compétences

Il n’y a pas que les aptitudes! Parler de soi, cultiver les contacts et son image ont de l’importance.

La performance et les compétences ne suffisent souvent pas à décrocher les meilleurs projets ou le poste rêvé: il faut se faire connaître, se vendre. C’est ce que Monique Chalude, sociologue et coach en diversité et égalité professionnelle, appelle "marketing yourself". "Beaucoup de personnes sont mal à l’aise lorsqu’elles doivent parler d’elles-mêmes, explique-t-elle. Pourtant, c’est fondamental de parler de ce qu’on fait et des succès qu’on a eus, parce que ça ajoute à la connaissance des personnes qui octroient les promotions, vous engagent, etc." Pas question de se vanter ou d’inventer, mais bien de parler de ce qui a été accompli en des termes qui apportent crédibilité et légitimité. En pratique, il s’agit de formuler une présentation de soi qui mentionne ce dont on est fier et ce qui nous met en valeur: atouts, expertise, talents.

Ne pas hésiter à se vendre

Pour Mary Pisty, chasseuse de têtes, un des défauts récurrents chez les femmes est qu’elles se mettent trop peu en avant: "Elles doivent améliorer leur communication vers l’extérieur", explique-t-elle. Ce qui veut dire aussi s’approprier les succès, comme l’explique Isabelle Pujol: "Les femmes auront tendance à dire qu’elles ont eu de la chance, que les questions étaient faciles, que l’ambiance était bonne…" À l’inverse, en cas d’échec, les femmes l’internalisent ("C’est ma faute, je n’étais pas assez préparée"). Si on veut progresser, un autre conseil est aussi de communiquer davantage sur son "potentiel inutilisé", en plus de son parcours passé, avec ses réussites déjà atteintes.

Marquer son territoire

"D’une manière générale, les hommes marquent leur territoire: ils vont rapidement prendre les dossiers intéressants, s’intéresser aux bons projets, passer une ou deux soirées dans des cercles, observe Sylviane Cannio. La plupart des femmes, par contre, vont faire tout le travail, mais en oubliant de signer leurs slides, de se porter candidates pour prendre les projets les plus intéressants, d’être là quand il faut les présenter à des personnes clés..." Il est donc important de ne pas rester calée devant son ordinateur toute la journée!

L’importance des réseaux

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Le capital social est primordial, comme l’explique Monique Chalude: "Les hommes se soutiennent entre eux dans des réseaux formels ou informels. La majorité des femmes, après leur journée au bureau, entament leur deuxième journée de travail à la maison. Pendant ce temps, on voit que les hommes pratiquent un sport, se rencontrent… Cette notion de réseau informel a une nette influence sur leur carrière parce que beaucoup de choses se négocient et se discutent à ces moments-là." Faire partie de réseaux de femmes ou mixtes est donc déterminant pour la vie professionnelle. "Avoir des contacts avec d’autres femmes permet d’être immédiatement comprise. Il y a une culture commune, une communication aisée… C’est plus facile." Les réseaux féminins ont aussi l’avantage de sortir les femmes de l’isolement qu’elles peuvent ressentir en travaillant principalement avec des hommes. Un "stress spécifique" que ces groupes permettent d’enrayer.

Soigner son image

Le visuel, la gestuelle, le langage non verbal et l’image comptent pour moitié dans la communication, comme le relève Monique Chalude. Il est donc très important de soigner aussi son look. Deux critères entrent en compte ici. Tout d’abord, l’image doit être conforme au positionnement qu’on veut avoir. En seconde position, il y a la culture organisationnelle. Certains vêtements sont davantage acceptés dans certaines entreprises que dans d’autres, le jean par exemple. Il faut détecter les codes: s’habiller et adopter les habitudes vestimentaires du poste qu’on souhaite obtenir est un bon mode de fonctionnement. Tout cela en ne s’éloignant pas trop de sa propre personnalité, comme le souligne Monique Chalude: "Certaines personnes sont plus conformistes, d’autres plus créatives, il faut rester soi-même."

M.D. et C.S.

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