Philippe: "Mon père fait très bien son travail"

Le prince Philippe lors de sa mission en Thailande (©belga) ©BELGA

Le prince Philippe a accordé une interview à une dizaine de journalistes belges, au terme d’une semaine de mission économique en Thaïlande. Il évoque notamment son père et l'importance des missions économiques.

Quelque 111 entreprises belges ont participé cette semaine à une mission économique princière en Thaïlande. La présence du prince Philippe ouvre des portes et permet aux entrepreneurs belges d’obtenir des contacts économiques à de très hauts niveaux. Avant de reprendre l’avion pour Bruxelles, le prince a rencontré la presse pour dresser le bilan de cette mission. Un entretien finalement assez détendu, au cours duquel le prince Philippe a aussi abordé la question de la succession de son père. Avec une extrême prudence, évidemment. Mais sans l’esquiver plus que ne l’aurait fait un homme ou une femme politique expérimentée, que l’on sonde sur son avenir et ses ambitions.

  • Vous avez eu de nombreux entretiens avec les autorités thaïlandaises. Avez-vous perçu, chez eux, un véritable intérêt pour l’économie belge et des opportunités pour les entreprises belges ?

L’intérêt est énorme pour notre savoir-faire, notamment dans le domaine de la santé ou la transformation des produits agricoles. La Thaïlande veut développer son agriculture et ambitionne de devenir ‘le restaurant du monde’. Ce n’est pas une petite ambition, convenez-en et cela peut offrir de belles opportunités.

J’ai été particulièrement séduit par un projet d’aquaculture, auquel collabore l’université de Gand. Cela fournit de l’emploi à un million de personnes, tout en améliorant l’environnement. De tels projets créent des liens durables et profonds avec notre pays.

  • Pour des raisons budgétaires, l’idée de réduire le nombre de missions économiques a été lancée. Qu’en pensez-vous ?

Nous en faisons quatre par an, plus d’un millier d’entreprises nous accompagnent, c’est très significatif. Regardez les contrats signés au cours de cette mission (NDLR :11). Il y a de la place pour les PME, pour les spin off. Si on leur demandait leur avis, je ne suis pas sûr que les entreprises seraient enthousiastes à l’idée de réduire le nombre de missions.

  • Vous rencontrez le roi de Thaïlande, qui est âgé de 80 ans. Estimez-vous qu’un Roi doit encore rester en fonction à un âge aussi avancé ?

C’est un honneur que d’être reçu par le roi Bhumibol Adulyadej, c’est un signe que la Belgique compte pour la Thaïlande. Pour le reste, chaque monarque prend sa décision à sa façon. Il n’y a pas un Roi, il y a des rois et des reines. C’est vraiment une décision personnelle. Regardez aux Pays-Bas, au Royaume-Uni ou même le pape…

  • Et en Belgique…

Rassurez-vous, je vous vois venir. Mais je ne suis pas la bonne personne à qui poser cette question. Et par ailleurs, mon père fait très bien son travail.

Le mien, c’est notamment de conduire ces missions économiques depuis 20 ans. C’est un modèle qui pourrait rendre jaloux pas mal de pays, quand on voit l’entente entre l’État fédéral et les Régions, les pouvoirs publics et les entreprises privées, les universités ou la culture, qui est un autre savoir-faire de notre pays et que nous devrions peut-être mieux associer à ces missions.

  • A propos des relations entre l’État et les Régions, quand Didier Reynders est rentré pour aller au Vatican, vous n’étiez plus accompagné d’un ministre fédéral, mais de ministres régionaux (Celine Fremault, Jean-Claude Marcourt et Kris Peeters), compétents en matière d’économie. Précédemment, dans une telle situation, on avait invité d’urgence un ministre d’État pour la couverture fédérale. Cette fois, cela n’a pas paru nécessaire. Cette évolution du pays vous convient-elle ?

Je trouve très bien que les différents ministres soient présents à un moment ou un autre, que les représentants fédéraux et régionaux travaillent ensemble. La collaboration est excellente : nous travaillons dans le même but.

 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés