analyse

Le CD&V met la Vivaldi sous pression

L'actuel ministre de l'Intérieur Pieter De Crem (CD&V) préférerait l'opposition à une Vivaldi. ©BELGA

Coup de chaud pour la Vivaldi! Après la fuite de sa note dans nos colonnes, la coalition en gestation a suscité jeudi l'ire d'une partie du CD&V. A l'approche de l'arrivée, le danger est réel.

Tous les négociateurs de la Vivaldi ont été testés négatifs au coronavirus après leur quarantaine. Une bonne nouvelle qui permet la reprise de leurs discussions en présentiel. Celles-ci s'annoncent toutefois ardues, comme en témoignent les nombreux points délicats qui restent à trancher dans la note des préformateurs, dévoilée ce jeudi par l'Echo.

La partition de la Vivaldi

L'Echo a pu consulter la note des préformateurs Egbert Lachaert et Conner Rousseau servant de base à la tentative de formation d'un gouvernement fédéral avec les familles socialiste, libérale, écologiste et le CD&V. Le programme, c'est ici.

Elles seront d'autant plus complexes que le feu du mécontentement couve toujours au CD&V. Pieter De Crem, figure de l'aile droite des chrétiens-démocrates flamands, a d'ailleurs rouvert les hostilités. Dans ce rôle d'artificier qu'il affectionne particulièrement, l'actuel ministre de l'Intérieur s'en est donné à coeur joie: "Je n'ai pas l'impression que cette note, qui aligne des généralités, contienne beaucoup de nos points. Cela ressemble plus au programme d'Ecolo et de Groen." Ambiance...

Le choix de l'opposition

À l'entendre, le train de la Vivaldi est loin d'être sur les rails. "Si les partis de l'arc-en-ciel veulent partir seuls, ils peuvent. Nous sommes mathématiquement superflus et mon expérience me fait dire que nous ne jouerons aucun rôle" dans un tel attelage, a-t-il ajouté.

S'il est probable que son parti ne puisse pas suffisamment peser avec ses 12 sièges, il est, par contre, hasardeux de le qualifier de "mathématiquement superflu". Sans le CD&V, les socialistes, libéraux et écologistes ne disposent, en effet, que de 75 sièges sur les 150 de la Chambre. Un brin trop court pour la majorité donc.

"Si nous ne pouvons jouer aucun rôle dans l'opposition, alors nous ne pouvons certainement pas en jouer un dans la Vivaldi."
Pieter De Crem
Ministre de l'Intérieur

Qu'à cela ne tienne, Pieter De Crem est clair: il préférerait une cure d'opposition à une participation gouvernementale, à moins que la Vivaldi ne rédige un texte de centre-droit dans les domaines de la migration, de l'économie et de la sécurité. Mais ce n'est pas tout, il exige aussi que les autres partis entendent les demandes du sien dans les matières éthiques et communautaires.

Vivaldi en péril?

De Crem est-il seul dans cette croisade anti-Vivaldi? Il assure le contraire: "Pour nos représentants locaux, une telle coalition est tout simplement impensable."

Plus nuancé, l'ancien président du CD&V Wouter Beke a reconnu que les sections locales n'étaient pas favorables à un arc-en-ciel, tout en ajoutant que la participation de son parti aux négociations visait justement à empêcher son émergence. "Les chrétiens démocrates n'ont pas l'intention de soutenir un projet élaboré par les six autres partis", a-t-il insisté.

Le temps presse alors que la Première ministre Sophie Wilmès et son équipe devront bientôt tirer leur révérence. ©BELGA

Entre les lignes, le message est limpide: il faut une part plus substantielle des exigences du CD&V dans le projet. "Nous allons continuer à négocier durement", a d'ailleurs prévenu l'actuel leader du parti, Joachim Coens.

Avec ces sorties, le CD&V met clairement la pression sur la Vivaldi. Les préformateurs Egbert Lachaert (Open Vld) et Conner Rousseau (sp.a), attendus lundi chez le Roi, disposent encore de quatre jours pour amadouer les chrétiens-démocrates flamands. L'exercice, qui consistera à donner des gages au CD&V sans s'aliéner les autres partis, s'annonce périlleux.

Wilmès à la Chambre

De sa réussite dépendra la suite des événements. En plénière de la Chambre ce jeudi, la Première ministre Sophie Wilmès n'a pas redemandé la confiance. Son équipe, prolongée par les négociateurs de la Vivaldi, n'a cependant pas vocation à rester en place après le 1er octobre.

D'ici là un gouvernement devra donc être formé, à moins qu'un parti ne retire la prise. Pour l'heure, le mécontentement indéniable d'une partie du CD&V constitue clairement la menace principale pour cette coalition en gestation.

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