Plus de 3,5 millions de consultations à distance pendant la crise

Le KCE appelle à encourager les consultations à distance comme "compléments utiles" à celles en face à face. ©BELGA

Les médecins ont fourni plus de 3,5 millions d'avis par téléphone lors de la première phase de la crise sanitaire. La réflexion bat son plein sur une éventuelle pérennisation des consultations à distance.

Entre le 14 mars et le 31 mai, près de 19.000 praticiens de la santé ont fourni des avis médicaux par téléphone. Ces téléconsultations concernaient, dans plus de 3 millions des cas, le suivi classique des soins.

75 millions
euros
Entre le 14 mars et le 31 mai, les téléconsultations ont représenté un coût d'environ 75 millions d'euros pour l'assurance des soins de santé.

À ces contacts, ce sont ajoutés environ 650.000 appels téléphoniques réalisés par 10.000 médecins afin de "trier" des patients éventuellement infectés par le Covid-19.

Pas de doute possible: la crise sanitaire a conduit à une véritable accélération des consultations à distance. Dès le 16 mars, les médecins ont d'ailleurs été autorisés à les facturer 20 euros pendant le confinement.

75 millions d'euros

Au total, ces téléconsultations ont représenté un coût d'environ 75 millions pour l'assurance des soins de santé, ressort-il de données récemment publiées par l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (Inami).

Alors que l'épidémie de coronavirus s'estompe, des règles définitives pour ces pratiques vont-elles être élaborées? La réflexion est, en tout cas, bien lancée.

L'Inami va mener, ce mois-ci, une enquête d'envergure sur le sujet avec les mutualités. Une concertation sera aussi organisée avec tous les partenaires "pour évaluer si une réglementation durable peut voir le jour", assure-t-il.

Dans un récent rapport, le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) l'affirmait: l'essor des soins numériques semble "inéluctable".

Dans ce contexte, il appelle à mettre à profit la dynamique en cours pour encourager les consultations à distance. Attention, celles-ci doivent être vues comme un "complément utile" à celles en face à face, mais pas les remplacer, insistait-il.

"L'honoraire pour la téléconsultation doit être le même que pour une consultation normale."
Philippe Devos
Président de l'Absym

Vingt euros ne suffiront pas

L'Association belge des syndicats médicaux (Absym) est également favorable à une poursuite des téléconsultations, mais pas au tarif actuel. Autrement dit, 20 euros ne suffiront pas.

"Pour éviter que celle-ci soit biaisée, l'honoraire pour la téléconsultation doit être le même que pour une consultation normale. Et tout comme pour les consultations normales, un ticket modérateur doit être prélevé. Le montant de celui-ci doit être le même que pour une consultation classique", estime son président Philippe Devos.

D'après l'Absym, fixer le même tarif pour les deux types de consultation serait neutre budgétairement étant donné que les prestations à distance devraient remplacer un certain nombre de consultations classiques.

Fixer des conditions

L'Association émet aussi des conditions à cette pérennisation: un médecin ne pourrait, par exemple, pas facturer de téléconsultation sans une consultation physique préalable. En outre, seuls des médecins ayant un numéro Inami et exerçant en Belgique pourraient les pratiquer.

Utilité pour le patient, cadre déontologique, tarification, sécurité des données... Tous ces points devront encore être examinés en détail. À l'Inami, tout comme au cabinet de la ministre de la Santé Maggie De Block, la volonté d'avancer semble en tout cas bien présente.

La crise du coronavirus aura finalement peut-être eu un mérite: ouvrir un large débat sur la télémédecine.

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