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Pour des francophones à l'offensive vers le bicentenaire

Journaliste

La Belgique à quatre selon Annelies Verlinden.

C'est l'heure des ballons d'essai et des pavés dans la mare, comme si le monde politique trépignait d'impatience à l'idée d'attaquer le volet institutionnel de l'accord de majorité de la Vivaldi. Il s'agit de préparer une nouvelle réforme de l'État en vue du bicentenaire de la Belgique, une ambition aussi passionnante que dangereuse pour la stabilité de l'édifice fédéral.

Après une ouverture sur la Belgique à quatre au PS, une réplique du vice-Premier ministre Open Vld, Vincent Van Quickenborne, sur la fusion des 19 communes bruxelloises, voici la ministre CD&V des Réformes institutionnelles qui sort du bois avec une idée qui - pouvait-elle l'ignorer - a été recalée net par les francophones. De Bruxelles surtout. En qualifiant la capitale et son 1,2 million d'habitants de sous-entité aux côtés des 78.000 germanophones, Annelies Verlinden a sans doute mis un coup dans l'eau. Mais la sortie a son mérite: rappeler aux francophones que la Flandre restera fidèle à ses tactiques de négociations institutionnelles: taper haut, voire très haut, pour obtenir un maximum de concessions par-delà la frontière linguistique.

"Couplé à une position de faiblesse sur le plan socio-économique et budgétaire, le manque de vision et d'anticipation a souvent pénalisé les partis francophones dans leurs confrontations avec les velléités autonomistes présentes au sein de la plupart des partis flamands."

C'est le jeu et en face, on est fatigué de le dire, mais on peine à identifier un véritable projet institutionnel national. Pis, les francophones ne sont pas au clair avec leurs propres structures. Que faire de la Fédération Wallonie-Bruxelles? Paul Magnette propose de la supprimer tout en la maintenant dans une formule ersatz peu lisible à ce stade. Quid des institutions communautaires de Bruxelles qui alourdissent la lasagne dont tout le monde se plaint? Voilà deux questions qui à elles seules peuvent susciter des mois de débat. Couplé à une position de faiblesse sur le plan socio-économique et budgétaire, ce manque de vision et d'anticipation a souvent pénalisé les partis francophones dans leurs confrontations avec les velléités autonomistes présentes au sein de la plupart des partis flamands.

Ce bicentenaire à venir est l'occasion de changer de stratégie et de quitter enfin cette posture défensive qui fut à nouveau de mise mercredi pour disqualifier les opinions provocatrices d'Annelies Verlinden. En coulisse, les partis organisent la réflexion, entend-on. C'est un bien. Et soyons de bons comptes, la Flandre a aussi son lot de clarifications à opérer. Quelle doit être sa relation future avec Bruxelles? Doit-elle ouvrir la porte à une hiérarchie des normes donnant un pouvoir central au gouvernement fédéral en cas de crise comme suggéré dans le débat sur la loi pandémie? Au bout cette crise, les citoyens du Nord, du centre, du Sud comme de l'Est auront, eux, une faim commune pour un État qui fonctionne, émancipe et protège en cas de coup dur.

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