Pourquoi Delphine attaque la famille royale en justice

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Delphine Boël, la fille illégitime présumée du Roi, cite le prince Philippe, le Roi Albert et la princesse Astrid devant le tribunal de Première instance de Bruxelles.

En mal de reconnaissance, Delphine Boël, la fille cachée du Roi, attaque en justice. La RTBF a révélé lundi qu’elle avait cité le prince Philippe devant le tribunal de première instance — une première audience, semble-t-il, pourrait se tenir le 25 juin prochain. Delphine Boël veut obtenir l’ADN du futur souverain pour prouver que celui-ci est bien son demi-frère. Et, donc, qu’Albert II est son père.

Selon certains juristes interrogés par la RTBF, le Roi ne peut pas être cité directement car son immunité totale est garantie par la Constitution. Le Palais a toutefois indiqué qu’Albert II avait bien été cité aux côtés du prince Philippe mais également de la princesse Astrid. Seul Laurent est épargné. C’est aussi le seul membre de la famille royal qui a accepté de la rencontrer et même d’apparaître publiquement à ses côtés après que l’affaire ait été révélée.

A savoir

Le Code civil n'organise pas des actions en fraternité, a rappelé mardi matin le sénateur cdH et constitutionnaliste Francis Delpérée, interrogé par la Première (RTBF) au sujet de la citation à comparaître du Roi, mais aussi des princes Philippe et Astrid, devant le tribunal de première instance de Bruxelles par Delphine Boël.

Celle-ci souhaite obtenir l'ADN de ces membres de la famille royale pour tenter de prouver qu'elle est bien la fille naturelle du roi Albert II.
Rappelant qu'en guise de garantie du statut de tout chef d'Etat, l'article 88 de la Constitution interdit d'attaquer la personne du Roi en Justice, Francis Delpérée a ajouté: "Pour les enfants du Roi, il y a un autre problème. Le Code civil n'organise pas des actions en fraternité"

C’était le 19 octobre 1999. Mario Danneels, jeune journaliste flamand de 18 ans, sort un livre qui va faire trembler les murs du palais royal. Il s’agit d’une biographie de la reine Paola. On apprend que le futur Roi, alors qu’il était encore prince de Liège, aurait eu une liaison avec la baronne Sybille de Selys Longchamps, dans les années soixante. De cette histoire est née Delphine Boël. Le visage de cette fille illégitime circule dans toute la presse. Sa ressemblance avec le Roi est frappante. Dans son discours de Noël, cette année-là, le Roi admet à demi-mot l’existence de sa fille naturelle. Il évoque la "crise" que son couple "a traversée il y a plus de trente ans". Néanmoins, il n’a jamais reconnu officiellement sa fille présumée. Et cette dernière souligne en avoir souffert, exprimant notamment ce sentiment dans ses créations.

Cette artiste plasticienne de 45 ans travaille en effet beaucoup sur le thème de l’identité dans son atelier situé à Uccle. En 2008, elle a sorti une autobiographie qui s’intitule "Couper le cordon: analyse ombilicale d’une existence pas forcément cocasse".

Depuis 2003, Delphine Boël vit avec Jim O’Hare, un Américain d’origine irlandaise qui travaille dans le secteur de la construction. Tous deux sont parents d’Oscar et de Joséphine (5 et 9 ans).

Déshéritée

D’aucun se demande si l’élément déclencheur de ce recours à la justice ne serait pas lié au fait que Jacques Boël, membre d’une famille d’industriels anoblis et père légal de Delphine, a décidé il y a peu de la déshériter. La fortune de la famille Boël a été estimée à quelque 760 millions. Dans son livre "Les 200 Belges les plus riches", paru en juin 2012, le journaliste économique Ludwig Verduyn a placé la famille Boël au 14e rang des familles les plus riches de Belgique.

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