Pourquoi le bras droit de Di Rupo fait un pas de côté

©BELGA

Luc Joris avait été placé par le président du Parti socialiste comme administrateur, entre autres, à la SNCB, la SRIW et à la FN Herstal. Et avait une société au Luxembourg. Il a tout laissé tomber jeudi dernier…

C’est un aide de camp qui vous met des bâtons dans les roues. Luc Joris, l’un des plus proches responsables du président du PS Elio Di Rupo, un homme de confiance que le Montois avait placé personnellement dans de nombreux conseils d’administration sur le quota du PS, a démissionné de tous ses mandats jeudi dernier. Selon nos informations, Luc Joris, un médecin militaire de formation, a donc mis fin à ses mandats dans les CA de la SNCB et de la SRIW, mais également dans ceux de la Sogepa et de la FN Herstal.

Pour quels motifs Luc Joris a-t-il démissionné? Officiellement, Joris est parti "pour des raisons personnelles"… Mais c’est sans aucun doute la révélation par "Le Soir Mag" de l’existence d’une société basée au Luxembourg qui a conduit l’homme de confiance de Di Rupo à la démission… Dans son édition de la semaine dernière, le magazine détaillait comment la société "Bremco Management", sise au Grand-Duché de Luxembourg, proposait des conseils et du consulting en matière financière. La société de Luc Joris a son siège dans une petite maison servant aussi de paravent luxembourgeois à un groupe opérant depuis Hong Kong

Bref, tout ce que dénonce le Parti socialiste avec véhémence, surtout depuis l’entrée en fonction de ce nouveau gouvernement fédéral, se trouvait illustré par le comportement de ce fidèle lieutenant de Di Rupo: ingénierie fiscale et optimisation destinées à alléger la facture payée au Trésor public belge. Le tout avec des fonds de la collectivité, puisque tant la SNCB, la SRIW, la Sogepa que la FN Herstal sont des opérateurs publics…

Ajoutez encore à cela que Luc Joris n’est pas inconnu non plus des services de police. Selon nos informations, il a été entendu par les policiers chargés de l’enquête et du dossier sur le Louviérois Franco Dragone, il y a quelques mois. Luc Joris a également été commissaire adjoint du gouvernement pour l’Exposition de Shangaï, également désigné par le Parti socialiste, en 2009.

Politiquement, c’est une tuile supplémentaire pour le président du Parti socialiste. Après les doutes sur sa capacité à endiguer la montée de l’extrême-gauche et des jeunes loups de tous partis, après les critiques émanant de la gauche même — le syndicaliste Marc Goblet, par exemple — sur le fonctionnement trop technocratique du PS, voilà qu’il est avéré que l’un de ses proches dispose d’une société au Luxembourg. Et c’est le discours du PS et sa crédibilité à dénoncer la fraude fiscale qui en prend un coup. Bref, cela ne devrait pas contribuer à consolider son assise en interne — juste au moment où, à Liège par exemple, un Jean-Pascal Labille hésite à se lancer dans le grand bain de la politique.

Interrogée lundi soir, la porte-parole du Parti socialiste a catégoriquement démenti que Di Rupo ait pu être au courant de l’existence d’une société de consultance financière luxembourgeoise. "Elio Di Rupo n’était pas au courant de l’existence de cette société basée au Luxembourg", assure la porte-parole du PS. Elle dément également que le Parti socialiste soit intervenu pour faire démissionner M. Joris: "Il a démissionné pour des raisons personnelles", maintient-elle.

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un ultra-proche du bourgmestre de Mons se trouve au cœur d’une tourmente politico-financière. En 2009 Edmée De Groeve, la prof de Néerlandais de Di Rupo, a dû abandonner ses mandats octroyés par Di Rupo — à la SNCB, à l’aéroport de Charleroi, mais aussi à la Loterie nationale, dans la foulée de révélations concernant ses conflits d’intérêts et facturations abusives.

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