Pourquoi le déploiement de la fibre optique pourrait doper la relance

La fibre optique est une fibre de verre qui transmet des données sous forme de lumière sur de grandes distances. ©BELGAIMAGE

Entreprises, mobilité, enseignement, culture... Tous les secteurs d'activités sont plus que jamais dépendants d'une connexion Internet de qualité. Pour Stratec, le plan de relance doit donc être l'occasion de combler les retards de la Belgique en matière de fibre optique.

En tant que bureau d'études spécialisé dans l'économie des transports, Stratec se réjouit de voir que des projets de mobilité, parmi lesquels le tram de Liège, bénéficieront d'un coup d'accélérateur grâce aux fonds européens pour la relance. Dans le même temps, le bureau d'étude dit regretter la place insuffisante accordée au numérique. "Si le projet de plan de relance prévoit bien une part dédiée à la transition numérique comme l’exige la Commission Européenne, ces questions semblent passer après de vieux projets que les institutions belges peinent toujours à financer", déclare Georges Fuchs, directeur d'études, qui plaide pour le déploiement de la fibre optique comme mesure de relance.

Conscient que les infrastructures représentent un frein à la croissance de l'écosystème numérique belge, Thomas Dermine (PS) assurait la semaine passée que la 5G et la fibre optique seront bel et bien intégrées au plan de relance. Mais le secrétaire d'État à la relance n'a pas encore détaillé les montants octroyés.

78.000
prises connectées
La Belgique a été le pays européen où le déploiement de la fibre optique est le plus rapide en Europe de septembre 2018 à septembre 2019, avec une hausse de 307%, soit 78.000 prises connectées.

Aux yeux de Stratec, il est pourtant crucial de combler le retard de la Belgique dans le domaine de la fibre optique. Selon un comparatif présenté en avril 2020 par l’IDATE, un think tank privé travaillant sur les questions de numérique, la Belgique a été le pays européen où le déploiement de la fibre optique est le plus rapide en Europe de septembre 2018 à septembre 2019, avec une hausse de 307%, soit 78.000 prises connectées. "On pourrait à première vue s’en réjouir, mais cette forte croissance relative s’explique surtout par le très bas point de départ. Il est bien plus facile de quadrupler un petit chiffre que de doubler un grand nombre", explique le bureau d'étude qui a rapporté le nombre de prises connectées au nombre de foyers, démontrant ainsi le retard pris par la Belgique par rapport à ses voisins.

Propriétaire d'un réseau de fibre optique long de 400 km, la Région bruxelloise a récemment décidé de le mutualiser et de le commercialiser. De quoi donner un sérieux coup de pouce à Proximus qui avait annoncé en décembre dernier son ambition de connecter l'ensemble de la Région-Capitale d'ici 2026. Une bonne nouvelle qui arrive toutefois un peu tard aux yeux de Stratec qui estime que des investissements publics resteront nécessaires pour s'assurer du déploiement de la fibre optique pour l'ensemble des particuliers, même dans les zones reculées du pays et pas uniquement dans les poches directement rentables, comme les zonings.

Gains socio-économiques

"Un projet de métro n'est pas rentable financièrement, mais il l'est d'un point de vue socio-économique. Avec la fibre optique, il y aura des gains dans énormément de secteurs d'activités."
Georges Fuchs
Stratec

À l'instar des investissements dans les transports publics, les montants injectés dans la fibre optique généreront des gains pour la collectivité qui ne sont pas assez chiffrés et pris en compte, selon Stratec. "Un projet de métro n'est pas rentable financièrement, mais il l'est d'un point de vue socio-économique. Avec la fibre optique, il y aura des gains dans énormément de secteurs d'activités", assure Georges Fuchs. "En entreprises, si cela prend du temps de se connecter à des conférences, de charger des pièces jointes, c'est du temps de productivité perdu. Investir dans la fibre optique, c'est aussi investir en faveur de la mobilité. Cela touche également au culturel et à l'enseignement."

Selon son évaluation réalisée en 2018 pour le compte de la Sofico (l’entreprise publique wallonne gestionnaire des infrastructures autoroutières et des voies d’eau), les gains socio-économiques apportés par la connexion au réseau de fibre optique d’une centaine de zonings wallons dépassaient de loin les gains obtenus généralement pour des infrastructures de transport, fait valoir Stratec. "Un an après le début de la crise, ne devrions-nous pas nous donner les moyens de mieux communiquer pour rester compétitifs et peut-être moins nous déplacer ?", conclut le bureau d'études.

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