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Poussée du PS pour gonfler les investissements fédéraux

Le secrétaire d'État à la Relance Thomas Dermine va s'occuper d'un nouveau plan d'investissements publics dans le cadre du plan de redémarrage qui est en chantier. ©BELGA

Le gouvernement planche sur un nouveau plan de redémarrage économique. Un débat s'annonce déjà quant à l'utilité d'y intégrer des investissements publics ou non.

De l'ambition, voilà ce que réclame Alexander De Croo à ses ministres. Voici une bonne semaine que la dynamique qui doit donner naissance au plan fédéral de "redémarrage et de transition" a été lancée au sein de la Vivaldi. L'objectif est d'avoir quelque chose de concret à annoncer au moment de la rentrée parlementaire de la mi-octobre dans le prolongement du conclave budgétaire.

Cinq groupes de travail, présidés chacun par un ministre et coprésidés par De Croo, ont été mis sur pied.

D'abord un deuxième plan socio-économique et un budget en ordre, ensuite les dossiers qui fâchent comme les pensions, voilà pour l'agenda de rentrée de la Vivaldi.

Plan de redémarrage

Pour ce qui concerne le plan de redémarrage, qui n'est autre qu'un deuxième plan de relance et d'investissements, le cadre de travail gouvernemental a été défini. L'idée n'est plus de partir d'un budget fixé à l'avance comme ce fut le cas pour le plan de relance financé par l'Europe (à 5,9 milliards d'euros), mais de rassembler différentes mesures et projets dans une stratégie cohérente.

"Tous ne doivent pas coûter plus d'argent, commente une source, il s'agit aussi de choisir l'allocation des moyens existants." Cinq groupes de travail, présidés chacun par un ministre et coprésidés par De Croo, ont été mis sur pied.

Cinq groupes, cinq axes

Le vice-Premier Pierre-Yves Dermagne (PS) a été chargé d'élaborer une stratégie pour rendre la société plus inclusive et renforcer la cohésion sociale, Mathieu Michel (MR) préside le groupe consacré au digital et à la simplification administrative, Vincent Van Peteghem (CD&V) s'occupe de la stratégie de stimulation de la croissance, de l'entrepreneuriat et la création d'emploi, tandis que Zakia Khattabi (Ecolo) pilotera l'élaboration d'un plan pour une Belgique durable.

Sur cette nouvelle batterie d'investissements publics, un débat idéologique entre la gauche et la droite du gouvernement s'annonce déjà.

Un cinquième groupe présidé par le secrétaire d'État PS à la Relance Thomas Dermine s'occupera d'un nouveau plan d'investissements publics. L'ensemble n'implique que le niveau fédéral.

Chaque groupe devra extraire de l'accord de gouvernement les mesures de relance et éventuellement en proposer de nouvelles. Les résultats sont attendus pour la semaine du 20 septembre. Une liste d'investissements publics complémentaires sera alors arrêtée selon la même méthodologie que pour le plan de relance européen, précise le cabinet Dermine.

Débat idéologique

Sur cette nouvelle batterie d'investissements publics (intégrée dans le dispositif à la demande du PS), un débat idéologique entre la gauche et la droite du gouvernement s'annonce déjà.

"A-t-on vraiment besoin de nouvelles injections d'argent public?"
Une source libérale

Dans un coin du ring, la doctrine du secrétaire d'État Thomas Dermine. Il a déjà indiqué à maintes reprises que si le gouvernement fédéral voulait agir conformément à l'objectif de revenir à un taux d'investissement public de 3,5% en 2024 à l'échelle de la Belgique, le Fédéral devra au moins mettre un nouveau milliard d'euros sur la table. Le PS veut même aller au-delà, confirment plusieurs sources fédérales.

De l'autre côté du ring, l'Open Vld et le CD&V souhaitent en revenir au calme en la matière. Ils avancent un argument macro-économique: la reprise est là, elle est même encore plus forte qu'attendu. "A-t-on vraiment besoin de nouvelles injections d'argent public?", demande une source libérale.

Enjeux budgétaires

Côté PS, on avance l'idée qu'un déficit d'investissements publics peut ralentir la relance. L'enjeu sera donc d'imbriquer les nouveaux investissements dans la discussion budgétaire qui aura lieu début octobre.

À noter que les nouveaux investissements seront choisis en fonction de leur rendement économique et budgétaire, devront peu ou prou associer le secteur privé et participer à la transformation de notre économie sans nuire aux objectifs environnementaux de la Belgique.

Le résumé

  • Le gouvernement a arrêté une méthode pour élaborer un plan de redémarrage et de transition économique post-covid.
  • Cinq ministres président des groupes de travail et devront rendre une copie "ambitieuse" pour la fin septembre.
  • Le Parti socialiste demandera sans doute au gouvernement d'aller au-delà du milliard d'euros annoncé pour les nouveaux investissements publics.

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