Propagation du Covid-19 en Belgique: les mathématiques au service de la prudence

Le risque d'une troisième vague s'éloigne, estime le Premier ministre. ©EPA

Alexander De Croo a présenté ce lundi une modélisation intégrant les hypothèses de contagiosité du variant britannique. Le risque d'une troisième vague n'est pas écarté.

Plus on retarde l'assouplissement généralisé des mesures sanitaires, moins on a de chances de connaître une troisième vague Covid. C'est en résumé les conclusions du bel exercice de transparence auquel s'est livré le Premier ministre ce lundi. Alors que plusieurs voix de la majorité Vivaldi se font entendre pour donner au moins des perspectives de réouverture et de déconfinement en vue du comité de concertation de vendredi, Alexender De Croo a tenu – et c'est une première – à présenter les modélisations scientifiques qui servent de base à des décisions souvent lourdes de conséquences en termes de libertés individuelles et de bien-être de la population.

Première base de travail: la situation sanitaire. Depuis plusieurs semaines, les chiffres de contaminations, d'admissions à l'hôpital, de séjours en soins intensifs et de mortalité suivent une courbe aplatie. Merci aux mesures de confinement, dit De Croo. Mais ce plateau se maintient à un niveau sensiblement plus élevé qu'au moment du premier déconfinement de juin-juillet. Raison pour laquelle il faut prudence garder, a indiqué le Premier ministre, en écho aux déclarations du week-end du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. D'autant plus que l'impact du variant britannique du virus est encore impossible à déterminer. On devrait y voir plus clair durant la seconde moitié du mois de mars, alors qu'il aura pris le pas sur la souche première du Covid en termes de pourcentages de contaminations. Les autorités revendiquent un équilibre entre diffusion du virus et mesures contraignantes. Un équilibre précaire, a tenu à rappeler Yves Van Laethem, infectiologue-conseil du gouvernement, et porte-parole interfédéral.

Assouplissements en vue

Ceci étant dit, la science statistique progresse, et c'est des universités de Hasselt et d'Anvers que vient un modèle mathématique qui permet d'établir quatre scénarios. Ceux-ci sont basés sur l'évolution sanitaire, l'intensification à venir de la campagne de vaccination, mais également de certaines des activités de la population qui font l'objet d'études spécifiques. Sur une ligne du temps, ils mettent en rapport le niveau de contamination, trois hypothèses de degrés de diffusion du variant britannique (une contagiosité 30, 50 et 70% plus importante que la souche initiale du virus) avec le niveau de déconfinement que la Belgique a connu en septembre. Selon qu'on ne fasse rien, que l'on retrouve ce niveau au 1ᵉʳ mars, au 1ᵉʳ avril ou au 1ᵉʳ mai, apparaît puis disparaît le risque d'une troisième vague. Voilà qui sert la prudence de Frank Vandebroucke, qui semble vouloir gagner du temps sur le déconfinement.

"On se rapproche du moment où le risque d’une troisième vague diminuera fortement."
Alexander De Croo
Premier ministre

"On se rapproche du moment où le risque d’une troisième vague diminuera fortement, a indiqué Alexander De Croo. Ce ne sera pas pour la semaine prochaine ou pour dans deux semaines, mais ce n'est plus si loin." Pas de faux espoir, mais ces quatre scénarios ne présagent pas des décisions politiques qui seront prises vendredi, précise le Premier. Les modélisations présentées lundi ne permettent pas, par exemple, de mesurer les effets d'une réouverture d'un ou deux secteurs en particulier.

En attendant, c'est surtout du côté d'Ecolo et du MR que l'on pousse à assouplir et à donner des perspectives aux secteurs fermés. Sur la table du comité de concertation, la réouverture des frontières réclamée par l'Europe, et la confirmation de la réouverture des métiers de contact au 1ᵉʳ mars. En coulisse, on évoque aussi une bonne nouvelle pour le 15 ou le 21 mars. "Il y aura des assouplissements", certifie une source de premier plan.

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