PS, cdH, Ecolo: "Non" à une entrée en scène des libéraux

Les trois partis francophones se réunissent ensemble ce mardi. De leur côté, les deux médiateurs se rendront à 17h chez le roi pour demander d'être déchargés de leur mission.

Les trois partis francophones (PS, cdH, Ecolo) qui étaient engagés dans la discussion institutionnelle interrompue lundi par la N-VA se sont réunis mardi matin pour faire le point sur la situation politique, a-t-on appris à plusieurs sources. Par ailleurs, le parti socialiste réunit son Bureau mardi à 13 heures. Au cdH, un Comité restreint est convoqué à 13 heures 30. Quant à Ecolo, aucune réunion n'est prévue à ce stade.

Un chose semble claire pour l'instant: les partis francophones ne veulent pas des libéraux à la table des négociations. De son côté, la N-VA n'exclut aucune formule, y compris la reconduction des 7 partis déjà à table.

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a lancé lundi un appel à "tous les partis" pour repartir de zéro dans une discussion devant mener à une réforme de l'Etat et à la formation d'un gouvernement.

Avec ou sans les libéraux?

Cet appel a relancé les spéculations sur un éventuel retour des libéraux, écartés jusqu'ici des discussions. Mais l'enthousiasme n'y est pas dans le camp des trois partis francophones engagés jusqu'ici dans les discussions institutionnelles, le PS, le cdH et Ecolo. C'est un euphémisme. Les présidents des trois partis ont rappelé dès lundi que "l'offre de service" faite, dans le vif des discussions institutionnelles, par le MR à la N-VA lors d'un déjeuner dans un restaurant de la capitale avait rendu la situation plus compliquée encore. "Emmener Bart De Wever au restaurant pour calmer son appétit institutionnel n'était pas la meilleure des idées", a commenté Jean-Michel Javaux (Ecolo) sur RTL-TVI.

Dimanche encore, le président du MR, Didier Reynders, indiquait que les négociateurs s'étaient trompés de méthode à propos de la loi de financement. Selon lui, il fallait d'abord se demander ce qu'on veut encore faire ensemble et comment le financer. Après, il n'y a plus aucun problème à parler d'autonomie fiscale, faisait-il valoir.

Mardi sur La Première (RTBF), la présidente du cdH Joëlle Milquet a confirmé que le MR et les autres partis francophones n'étaient pas sur la même longueur d'onde à cet égard. "Ce n'est pas le choix que nous avons fait", a-t-elle fait observer. Selon elle, l'échec des négociations n'est pas dû à un problème de méthode mais à l'absence de volonté d'un partenaire d'évoluer vers un compromis. Ecolo est du même avis. Pour Joëlle Milquet, "il reste des alternatives, des capacités, prenons-les."

Le PS ne voit pas comment l'arrivée des libéraux pourrait améliorer la situation. Mais à ce stade, c'est surtout l'attitude de la N-VA qui le fait sortir de ses gonds. Le président des nationalistes flamands, Bart De Wever, a suggéré lundi que les francophones étaient revenus sur certains acquis relatifs au transfert de compétences. "Si monsieur De Wever dit cela, alors il ment", a asséné lundi soir le ministre Paul Magnette (PS) sur Terzake (VRT). "Et ce n'est pas un mot que j'ai l'habitude de prononcer", a-t-il précisé.

La situation apparaît plus paralysée que jamais, la vice-première ministre Laurette Onkelinx (PS) réévoquant la nécessité, "plus que jamais", de réfléchir à un plan B pour les francophones.

La N-VA n'exclut aucune formule

De son côté, le député N-VA Siegfried Bracke a fait savoir mardi sur la VRT-Radio que la formule d'une négociation de la réforme de l'Etat entre sept partis n'est pas nécessairement morte et enterrée mais que la méthode de travail doit changer. Il n'exclut pas non plus l'intégration des libéraux.

"Si vous constatez que la formule actuelle avec sept partis ne fonctionne pas, il est quand même de votre devoir moral d'examiner si cela ne fonctionnerait pas avec d'autres", a indiqué Siegfried Bracke. Le député a cependant ajouté que son parti n'avait fait aucun commentaire lundi sur les partis qu'il verrait bien à la table des négociations. "Il ne faut certainement pas abandonner l'idée des sept", a-t-il précisé, insistant sur la nécessité de revoir la méthode de travail.

Le député N-VA a une nouvelle fois démenti que son parti avait un double agenda. Il a en revanche pointé du doigt le discours du co-président du groupe de travail sur le refinancement, Jean-Claude Marcourt (PS). Selon Siefried Bracke, M. Marcourt aurait estimé faisable le transfert aux régions de 50% de l'IPP. "Mais une fois à la table de négociation, il a fait valoir toute une série de considérations techniques rendant impossible sa mise en oeuvre."

Sur La Première (RTBF) lundi, Jean-Claude Marcourt avait estimé qu'un partage des ressources propres à 50-50 entre Etat fédéral et entités fédérées n'était "pas inaccessible". Il avait ajouté que, dans ce cadre, l'IPP pourrait, sous conditions, être une des sources de financement des Régions.

La Belgique dans le coma

Au CD&V, le pessimisme semble également l'emporter. "La Belgique est dans le coma. Le patient est en état de mort clinique", a constaté le député flamand Eric Van Rompuy (CD&V). Ce dernier a regretté l'échange de petites phrases émanant tantôt de la N-VA, tantôt du PS et l'absence de discrétion de la nouvelle génération politique qui rendent le climat détestable. Il a également critiqué l'unilatéralisme de la N-VA qui a débranché la prise sans concertation préalable. L'élu CD&V a estimé qu'il revenait maintenant "à Bart De Wever à prendre ses responsabilités".

Les deux médiateurs, André Flahaut (PS) et Danny Pieters (N-VA), respectivement présidents de la Chambre et du Sénat, se rendront mardi à 17 heures chez le roi. Ils demanderont au chef de l'Etat d'être déchargés de leur mission.

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