PS et N-VA discutent d'un gouvernement d'urgence

La crise sanitaire aura-t-elle le mérite de rapprocher PS et N-VA? ©Jef Boes

Le coronavirus aura-t-il le mérite de rapprocher les frères ennemis du PS et de la N-VA? Rien n'est moins sûr... Certaines sources évoquent toutefois un possible rapprochement entre les deux formations au vu de l'urgence budgétaire et sanitaire.

Les chargés de mission royale, Sabine Laruelle (MR) et Patrick Dewael (Open Vld), chercheraient toujours à rassembler plusieurs partis autour d'un programme de gouvernement resserré.

"Au vu de l'urgence, à un moment donné, il faut se retrousser les manches."
Un socialiste

La situation budgétaire, avec un trou de l'ordre 14 milliards d'euros attendu cette année, mais aussi la crise sanitaire du coronavirus, pourraient entraîner une "accélération" du processus dans les prochaines heures, nous confient plusieurs sources. "Ce ne serait certainement pas anormal", lâche l'une d'elles.

La N-VA et le PS auraient d'ailleurs déjà pris langue afin d'évoquer l'hypothèse d'un gouvernement d'urgence, qui inclurait potentiellement aussi le MR, le CD&V, l'Open Vld et le sp.a.

"Au vu de l'urgence, à un moment donné, il faut se retrousser les manches", reconnaît un socialiste. "Ce n'est franchement pas le moment de changer de gouvernement avec des cabinets qui devraient tout reprendre à zéro. En termes de gestion de crise du coronavirus, ce serait une catastrophe", considère à l'inverse un libéral.

De la cohérence

L'implémentation des mesures décidées jeudi soir par le Conseil national de sécurité nécessitera de la cohérence. Certains partis pourraient vouloir se positionner sur l'urgence, eu égard au caractère "aigu" de la crise actuelle, appuie un autre de nos interlocuteurs. Si les discussions avancent, une visite des missionnaires royaux au Palais dans la soirée n'est pas exclue.

Mais selon une autre source proche du dossier, rien n'est fait. "Oui, il y a des contacts entre le PS et la N-VA. Mais pour l'instant ça coince plus que ça ne réussit!"

"Une mesure symbolique forte"

Que revêt l’expression "gouvernement d’urgence"? Ce n’est pas un terme juridique mais une notion politique, rappelle tout d’abord le politologue de l’ULB Pascal Delwit. "Je crois que ce que l’on veut dire par là c’est qu’on pourrait ainsi avoir un gouvernement de plein exercice, sans devoir le considérer comme un gouvernement engagé pour toute la législature. Un accord de gouvernement classique portant sur l’ensemble des thématiques ne serait pas conclu entre les différents partenaires."

L’objectif serait donc avant tout de disposer d’une marge de manœuvre plus large pour faire face à la crise sanitaire et économique causée par le Covid-19. "Même si un gouvernement en affaires courantes peut prendre des mesures d’urgence comme ce fut le cas jeudi, ce n’est pas la situation la plus confortable d’un point de vue politique. Avec un gouvernement de plein exercice, il n’y aura plus aucune ambiguïté pour savoir si le gouvernement en affaires courantes peut prendre telle ou telle mesure. Le gouvernement ne serait plus non plus lié au système des douzièmes provisoires", ajoute Pascal Delwit.

Le politologue de l’ULB verrait d’un œil plutôt positif une telle initiative. "À situation exceptionnelle, solution exceptionnelle. Un gouvernement de plein exercice disposerait de tous les moyens légitimes pour gérer cette crise. Ce serait aussi une mesure symbolique forte face une situation sanitaire qui crée beaucoup d’anxiété au sein de la population. On enverrait un message bizarre en restant en affaire courantes", considère Pascal Delwit.

Que revêt l’expression " gouvernement d’urgence " ? Ce n’est pas un terme juridique mais une notion politique, rappelle tout d’abord le politologue de l’ULB Pascal Delwit. " Je crois que ce que l’on veut dire par là c’est qu’on pourrait ainsi avoir un gouvernement de plein exercice, sans devoir le considérer comme un gouvernement engagé pour toute la législature. Un accord de gouvernement classique portant sur l’ensemble des thématiques ne serait pas conclu entre les différents partenaires. "

 

L’objectif serait donc avant tout de disposer d’une marge de manœuvre plus large pour faire face à la crise sanitaire et économique causée par le Covid-19. " Même si un gouvernement en affaires courantes peut prendre des mesures d’urgence comme ce fut le cas jeudi, ce n’est pas la situation la plus confortable d’un point de vue politique. Avec un gouvernement de plein exercice, il n’y aura plus aucune ambiguïté pour savoir si le gouvernement en affaires courantes peut prendre telle ou telle mesure. Le gouvernement ne serait plus non plus lié au système des douzièmes provisoires ", ajoute Pascal Delwit.

 

Le politologue de l’ULB verrait d’un œil plutôt positif une telle initiative. " A situation exceptionnelle, solution exceptionnelle. Un gouvernement de plein exercice disposerait de tous les moyens légitimes pour gérer cette crise. Ce serait aussi une mesure symbolique forte face une situation sanitaire qui crée beaucoup d’anxiété au sein de la population. On enverrait un message bizarre en restant en affaire courantes ", considère Pascal Delwit.

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