analyse

Que fabrique Sciensano avec les chiffres du corona?

Les cas de nouvelles infections au coronavirus continuent de diminuer. ©Photo News

L'épidémie de coronavirus est en recul en Belgique. Depuis cette semaine, l'institut Sciensano observe son évolution sur sept jours. Comment le justifie-t-il? Les données journalières restent-elles disponibles? Explications.

Cinq jours sur sept à onze heures précises, Sciensano publie son bulletin épidémiologique. Au plus fort de la crise sanitaire, son contenu était présenté quotidiennement lors d'une conférence de presse. Nouvelles infections, admissions dans les hôpitaux, décès... toutes ces données étaient communiquées en live aux citoyens et décortiquées par les médias.

Alors que le virus circule moins, Sciensano a récemment décidé de faire évoluer sa communication et ses indicateurs clés. Désormais, les rapports, qui ne paraissent plus les dimanches et lundis, sont axés sur l'évolution des tendances et non sur celle des chiffres journaliers. Son argument: cette méthode permet de mieux objectiver l'évolution de l'épidémie, indépendamment des fluctuations quotidiennes.

Les tendances sont à la baisse

Ce jeudi, on observe par exemple que toutes les tendances sont à la baisse. Entre le 15 et le 21 juin, 93 nouvelles infections et six décès par jour ont été recensés en moyenne en Belgique, soit des diminutions de 1% et 25% par rapport à la période précédente de 7 jours. Les admissions dans les hôpitaux, quant à elles mesurées du 18 au 24 juin, ont atteint une moyenne de 15 par jour (-22%).

Cette approche nouvelle, axée donc sur l'évolution des tendances, a essuyé quelques critiques. Sont-elles pour autant justifiées? On essaye de vous expliquer ça...

À ceux qui suspectent l'institut de santé publique de vouloir cacher des choses, on peut répondre que c'est peu probable. Toutes les données journalières - qu'elles concernent les nouvelles infections, les hospitalisations ou les décès - restent en effet disponibles sur un dashboard Covid-19: https://epistat.wiv-isp.be/covid.

Des informations plus détaillées, commune par commune, y sont également consultables.

Données consolidées après trois jours

Une nuance tout de même: les chiffres relatifs aux nouvelles infections sont désormais présentés par date de diagnostic, et non de rapport. Idem en ce qui concerne les décès, communiqués en fonction de la date où ils sont survenus et non de celle à laquelle ils ont été notifiés à Sciensano.

Conséquence: les données consolidées, plus précises, mettent quelques jours avant d'être disponibles, ce qui n'empêche pas que celles non consolidées soient déjà publiées à J+1 ou J+2.

En pratique, que nous révèle donc le dashboard en ce jeudi 25 juin? 31 nouveaux cas ont été enregistrés mardi, 88 lundi et 17 dimanche. Les données concernant le mercredi ne sont pas encore disponibles pour les contaminations. Pour les décès par contre, elles le sont: on apprend ainsi que 2 personnes ont succombé de la maladie hier. 

Ce dashboard, qui contient aussi les chiffres des hospitalisations, est quotidiennement mis à jour (dimanches et lundis inclus). L'ensemble des données de Sciensano est, par ailleurs, disponible en open data. 

Si cette nouvelle approche est plus précise et pertinente scientifiquement, elle a pour désavantage d'être potentiellement moins accessible pour le grand public. Question communication, on peut donc s'interroger sur sa vertu. N'est-il pas important de continuer à transmettre un message clair et aisément compréhensible au plus grand nombre? En ne procédant pas de la sorte, ne prend-on pas le risque qu'une part des citoyens minimise le risque bien réel d'une reprise de l'épidémie?

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