analyse

Quel avenir pour l'orange-bleue?

Kris Peeters (Cd&V) et Charles Michel. ©Photo News

La N-VA ne faisant plus partie de la coalition suédoise, Charles Michel se retrouve à la tête d'une coalition orange-bleue, minoritaire à la Chambre. Que va-t-il se passer?

La N-VA ne fait plus partie de la coalition gouvernementale. Le gouvernement a fini par se déchirer sur la question du pacte migratoire de l'ONU. Charles Michel est désormais à la tête d'une coalition orange-bleue. Que va-t-il se passer maintenant qu'il ne dispose plus que d'une minorité (52 sièges sur 150) à la Chambre ? 

Si l'opposition n'entend pas soutenir le nouveau gouvernement de Charles Michel, il semble que la N-VA soit prête à soutenir ses anciens partenaires sur les dossiers socio-économiques, notamment le vote du budget.  Charles Michel se retrouve donc de fait au volant d’un gouvernement minoritaire qui devra trouver des majorités "à la carte" au Parlement afin de faire avancer ses dossiers. Une situation relativement inhabituelle en Belgique, mais déjà testée et approuvée par d’autres pays.  Jan Jambon a d'ailleurs déclaré ce dimanche matin que la N-VA coopérerait toujours avec le gouvernement sur les dossiers d’ordre socio-économique.

Le président du MR Olivier Chastel a quant à lui lancé un appel à soutenir le gouvernement sur une série de textes de loi.  Pour la cheffe de groupe Catherine Fonck, le cdH estime que soutenir ce gouvernement par le simple fait qu'il est appelé orange-bleue, côté néerlandophone, "est une toute autre question" après les "mesures brutales" prises durant quatre ans.  Le sp.a a indiqué qu'il ne soutiendrait pas ce gouvernement minoritaire. 

Des élections anticipées?

Si le gouvernement minoritaire ne trouve aucun soutien et qu'il est bloqué par le Parlement à chaque gros dossier qui se présente - lisez à ce propos "les septs dossiers brûlants qui doivent encore être bouclés" - des élections anticipées seront sans doute inévitables. Comment dissoudre les assemblées parlementaires, ce qui a pour effet de devoir convoquer l’électeur dans les quarante jours qui suivent? La tradition, en Belgique, en tout cas depuis 1978, est de voter la liste des articles de la Constitution qui seront ouverts à révision. Reste à savoir qui aurait envie d’offrir ce cadeau – une liste fournie – à la N-VA. Bras de fer politique en vue.

Trois autres voies existent, qui nécessitent, elles aussi, que se dégage une majorité parlementaire.

- Un: le gouvernement démissionne et la Chambre acte sa propre dissolution.

- Deux: le gouvernement ne parvient pas à obtenir un vote de confiance.

- Trois: le gouvernement se ramasse une motion de méfiance qui, elle, passe la rampe. Dans ce cas-là, si personne n’est proposé par la Chambre dans les trois jours, rendant cette méfiance constructive, un scrutin devient inéluctable.

À savoir dans ces trois cas de figure: la nouvelle Chambre ne sera pas "constituante"; pas question de toucher à la Constitution. Et sera élue, pour cinq ans, actant de ce fait un découplage récurrent entre les élections régionales, invariablement calquées sur le calendrier européen, et les élections législatives, qui auraient lieu quelque part entre janvier et avril.

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