carte blanche

Quelles solutions pour sortir de l'impasse politique?

Collectif citoyen

Moult pistes ont déjà été envisagées. Mais le réservoir d’idées est-il vide pour autant? Le temps est venu pour un changement de paradigme. Des pistes de réflexion existent.

L'expression citoyenne est un garde-fou démocratique nécessaire afin de lutter contre les dérives des jeux de pouvoir qui salissent la politique. En démocratie représentative, les citoyens délèguent aux élus un devoir de prise de responsabilité afin d’utiliser leurs compétences pour faire avancer rationnellement le bien-être et le bon fonctionnement de la société. Plus de 450 jours après les élections et dans ce contexte de crises multiples, il est temps de siffler la fin de la récréation…

Si on retourne aux urnes, peut-on réellement espérer que des nouveaux résultats électoraux, après une campagne sereine, mènent à un gouvernement suffisamment rapidement pour que la Belgique ne soit pas le dernier pays d’Europe à se doter d’un plan de relance économique ? Sur base des sondages, il est très probable que le seul moyen de construire une majorité sera de prendre tous les partis démocratiques ensemble, ce qui augmentera la complexité.

En outre, quel message serait envoyé aux électeurs s’ils étaient renvoyés dans l’isoloir? "Vous avez mal voté, donc recommencez mais faites le bien cette fois"? Ne prenons pas le risque sanitaire de devoir retourner aux urnes pour de nouveau tout bloquer pendant trois mois au minimum ; cela nuit à la démocratie belge! Aucun parti n'a remporté seul les élections. Le compromis "à la belge" est cher à vos citoyens, l’avez-vous oublié?

Poker mortel

Dans ce contexte de déconnexion des élites par rapport aux réalités de la majorité de la population, comment peut-on faire passer les guerres de pouvoir entre partis au-dessus de la paralysie de la démocratie ? C’est inaudible pour les citoyens à l’heure où, comme le disent tous les présidents de partis, des milliers d’entrepreneurs et de travailleurs se battent, tous les jours, pour la survie de leurs emplois. Les revenus de centaines de milliers de familles ainsi que le financement même de l’Etat et de la sécurité sociale sont actuellement en jeu. Qu’est-ce qui compte le plus dans les négociations ? Le fond des dossiers ou les égos de ceux qui jouent ce "poker mortel" ?

On nous dit que la confiance est rompue. L’opacité des négociations est un héritage archaïque dont on ne se défera malheureusement pas dans le contexte actuel. Dès lors, chaque parti s’estime libre de raconter son récit en pointant l’autre du doigt et, une fois de plus, sans avoir le courage d’assumer sa responsabilité.

Pourtant un seul constat est indéniable, tous les partis ont leur part de responsabilité dans cet échec des négociations. A ce sujet, en quoi est-ce constructif pour la société belge de faire des sorties médiatiques stigmatisant l’une ou l’autre famille politique ? De nouveau, nous pouvons constater que certains présidents de parti privilégient la préparation d’une position clivante par anticipation d’un retour aux urnes plutôt que de se contenter de faire avancer constructivement le débat politique pour faire revenir la confiance nécessaire pour des négociations opaques.

«Ce contexte est l’opportunité parfaite pour redonner son pouvoir à un parlement qui ne se limite pas à débattre des amendements en amont du vote particratique.»
BottomUp
Lobby citoyen

Il est vrai que moult pistes ont déjà été envisagées. Mais le réservoir d’idées est-il vide? Le temps est venu pour un changement de paradigme. Voici trois pistes de réflexion:

- Une proposition originale qui rebondit sur le scénario d’urgence avancé par Pieter Timmermans serait de voir quelle possibilité nous avons pour le nommer lui en duo avec Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB, préformateurs royaux afin d’obtenir rapidement, un programme socio-économique fort permettant une sortie de crise par le haut.

- Une proposition alternative serait que le Roi demande le tirage au sort d’un panel non-contraignant de 100 citoyens qui, tel un jury d'assises et sur base des résultats électoraux du 26 mai 2019 et des programmes électoraux des partis, proposeraient un gouvernement majoritaire ainsi que son programme.

- Pourquoi la formation d'un gouvernement d’union nationale à 10 partis coince-t-il? Le pouvoir législatif a démontré sa capacité à travailler avec des majorités de circonstance basées sur les résultats électoraux du 26 mai 2019 (fond blouses blanches, lutte contre les violences faites aux femmes, …). Du coup, est-ce la répartition des 14 postes ministériels en plus du poste de Premier ministre et des secrétaires d’Etat qui pose problème ? Ce contexte est l’opportunité parfaite pour redonner son pouvoir à un parlement qui ne se limite pas à débattre des amendements en amont du vote particratique. Il n’est pas démocratiquement sain que tous les textes soient votés majorité contre opposition suite à des marchandages, voire des chantages opaques. Dans cette optique, savoir combien de portefeuilles va recevoir chaque parti se partageant le pouvoir exécutif ne légitime en rien cette paralysie nuisible pour la démocratie.

Nous appelons aux démocrates constructifs, à ceux qui sont capables d’avoir le courage de faire des propositions utiles et inédites : soyez des représentants compétents, responsables et rationnels.

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