Questions à Pieter Timmermans, Directeur général de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB)

Quelle conclusion tirez-vous de ce rapport du CCE?

Même en limitant la hausse des salaires à l’indexation, le dérapage salarial continue à augmenter et notre position concurrentielle se détériore. Il faut une autre politique.

Il faut réviser le mécanisme d’indexation?

Chaque augmentation de salaire doit être visible. L’inflation est prévue à 3,9% en 2011-2012. Si, demain, nous concluons un accord prévoyant une hausse de 3,9% des salaires, ce sera perçu comme un échec. En Allemagne, ce serait une grande victoire. Il faut intégrer l’indexation des salaires dans la négociation salariale.

L’indexation ne serait donc pas automatiquement acquise. Faudrait-il pouvoir négocier des hausses salariales inférieures à 3,9% pour 2011-2012?

Cela fera partie de la discussion (avec les syndicats). Si on refuse d’avoir une négociation sur un mécanisme d’indexation plus performant, le dérapage salarial va continuer à croître.

Quelle forme pourrait prendre un mécanisme d’indexation plus performant?

C’est à débattre. Des pistes ont déjà été avancées (l’indexation forfaitaire, plafonnée ou limitée aux salaires nets, par exemple, NDLR).

Quelle sera votre revendication clé dans les négociations qui vont s’ouvrir avec les syndicats?

Il faut une modération salariale forte. Le choix stratégique doit être de miser sur une économie plus concurrentielle, de sorte qu’on puisse mettre davantage de gens au travail.

La modération salariale ne risque-t-elle pas de freiner la consommation interne, donc la croissance?

Non. On a créé, ces deux dernières années, davantage de pouvoir d’achat en Belgique que dans les pays voisins. Même en modérant fortement les salaires, cela n’aura pas d’impact sur la consommation car il y a des réserves de pouvoir d’achat. Il y a aussi des réserves d’épargne. Ces deux dernières années, le taux d’épargne est monté de 16 à 19%.

Argument syndical: la compétitivité, ce n’est pas que le coût salarial. Or, les entreprises sont à la traîne en termes d’innovation ou de formation. Votre réponse?

Le rapport montre que les efforts des entreprises pour l’innovation ou la formation n’ont pas diminué malgré la crise. On peut toujours faire mieux. Mais on ne peut pas dépenser un euro deux fois. Si les augmentations salariales avaient été moins fortes ces dernières années, il y aurait eu davantage de marges pour investir dans l’innovation.

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