Quoi de neuf pour la facture des soins de santé en 2020?

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La consultation chez le pédiatre coûtera plus cher, les médecins de garde seront mieux dédommagés... Le nouvel accord médico-mutualiste est né.

Médecins et mutualités sont parvenus, au petit matin, à un accord tarifaire pour l'année 2020. Cet accord médico-mutualiste, qui garantit la sécurité tarifaire pour les patients, prévoit notamment d'augmenter le budget alloué au dossier médical global, une indexation des actes intellectuels des médecins fixée à 1,95% et une aide pour les services de garde.

En substance, deux tiers de la masse financière disponible (138 millions d'euros sur 185 millions) ont été consacrés à des indexations sélectives et un tiers à des nouveautés. Pour financer de nouvelles mesures, certains actes (ECG, anesthésie...) ne seront pas indexés sur base de 1,95% mais à hauteur de 1,25%. Cela a permis de dégager près de 50 millions.

"On a un budget avec une croissance très modérée et malgré tout, nous avons décroché un accord. On peut donc espérer qu'il ait une grande adhésion, ce qui assure la sécurité tarifaire", se réjouit Jean Hermesse, secrétaire général de la Mutualité Chrétienne. Il salue également le fait que les médecins aient pu "faire preuve de créativité".

On n'a pas de gouvernement. On critique souvent les partenaires sociaux. Mais sans cette concertation, il n'y aurait pas de sécurité tarifaire pour les patients...
Jean Hermesse
Mutualités chrétiennes

Que faut-il retenir de ces difficiles négociations?

Les principales évolutions

• 22,4 millions vont être consacrés au fameux dossier médical global (DMG), de quoi le prolonger d'un an et permettre, notamment, aux médecins de classer et lire les documents provenant, par exemple, de spécialistes suite à des examens sur leurs patients, même si ceux-ci ne viennent pas en consultation.

• La consultation chez le pédiatre a été revalorisée, au niveau de celle du gériatre. "Mais si le patient paie davantage, il sera aussi plus remboursé en vertu du système du ticket modérateur", rassure Jacques de Toeuf, négociateur pour l'Absym.

• Les honoraires médicaux pour les cancérologues en hôpital de jour ont été rehaussés.

• De l'argent a été dégagé pour la planification des soins à destination des patients en service palliatif. Il s'agit ici de prévoir les soins (gestion de la douleur, etc.) à venir, en plus de la visite habituelle.

• Un honoraire spécifique a été dégagé pour le médecin traitant pratiquant l'euthanasie.

• La possibilité d'une consultation de l'anesthésiste en pré-opératoire a été généralisée à tous les hôpitaux, et non plus seulement à l'hôpital de jour.

• Un effort va être fait pour une meilleure utilisation des biosimilaires, dont certains restent peu prescrits par rapport aux médicaments de base.

Expérimentation de la télémédecine

Un des gros projets, mais encore en gestation, est celui de la télémédecine. Alors que les autres points de l'accord seront rapidement concrétisés, celui-ci prendra plus de temps.

"La télé-expertise permet, par exemple, à un médecin traitant d'envoyer la photo d'une lésion de la peau à un spécialiste, qui peut donner son avis", explique Jacques De Toeuf. Autre application possible: avec un fond de l'œil, l'intelligence artificielle permet d'établir un diagnostic avec une certaine probabilité. Ou encore, le médecin généraliste peut participer à distance à la consultation multidisciplinaire en cancérologie concernant son patient.

"Ce sont des applications très utiles mais tout cela va prendre du temps", explique Jacques De Toeuf, qui espère déjà des avancées pour fin 2020.

De l'air pour les postes de garde

La négociation a aussi porté sur les services de garde. Au final, un budget a été dégagé notamment pour assurer les honoraires d'astreinte des médecins désignés pour le poste de garde. Et le système des cercles de médecins sans poste de garde physique (dans les régions où il n'y a pas de service de garde accolé à un hôpital) peut perdurer. 

À retenir encore, l'engagement des acteurs des soins de santé à poursuivre leurs efforts en vue de la clarification des tarifs. Par exemple, pour le 30 juin prochain, la liste de toutes les prestations courantes en hôpital devra être rendue. Elle serait activée le 1er janvier 2021. Actuellement, seuls 35 hôpitaux ont rendu cette liste qui permet d'estimer à l'avance le coût des soins à administrer au patient.

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