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Redu, future plaque tournante de la cybersécurité spatiale

La station de poursuite des satellites européens, implantée à Redu, va devenir un haut lieu de la cybersécurité spatiale. ©BELGA

L’Agence spatiale européenne (ESA) fait de la cybersécurité une priorité. Et la station de Redu, en province de Luxembourg, sera sa plaque tournante stratégique.

La station de poursuite des satellites de l’ESA, l’Agence spatiale européenne, implantée à Redu, en province de Luxembourg, va devenir un des hauts lieux de la cybersécurité spatiale en Europe. Au cours des trois prochaines années, de 2022 à 2025, l’ESA compte y investir une trentaine de millions d’euros pour développer ses compétences dans ce domaine.

30
millions d'euros
Au cours des trois prochaines années, l'ESA compte investir une trentaine de millions d'euros à Redu.

"La cybersécurité est l'une de nos grandes priorités", explique Joseph Aschbacher, le directeur général de l’ESA. L’ESEC (European space security and education center), de Redu, sera d’ici 2025 notre 'cyber hub' pour l’Europe", a-t-il annoncé mercredi matin, lors d’une visite sur place. "Il y a environ 3.500 satellites en service autour de la terre actuellement", dit-il. "La protection de flux d’informations qui viennent de ces satellites est cruciale pour quasi toutes nos activités sur Terre. Je pense bien sûr aux activités de l’ESA, mais aussi à celles de nos partenaires, par exemple l’Union européenne ou encore l’Agence européenne de défense, et ensuite celles de tous les utilisateurs de ces données."

Analyse des risques

"La protection de flux d’informations qui viennent des satellites est cruciale pour quasi toutes nos activités sur Terre"
Joseph Aschbacher
Directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA)

Le cyber hub de l’ESEC visera donc à développer les compétences en Europe pour protéger au mieux ces flux. Cette stratégie axée sur la cybersécurité porte sur tous les aspects de cette problématique. Il y a l’analyse des risques liés à la protection des données, leurs usages et les services qui en découlent. Un catalogue des menaces sera dressé.  Il est aussi question de la validation et de la certification des systèmes sécurisés qui seront ensuite mis en place. "Nos systèmes devront aussi pouvoir émuler n’importe quel système spatial afin de s’assurer qu’il est sûr, au sol comme dans l’espace", précise Massimo Mercati de l'ESA. 

La mise en place du projet démarrera dès l’an prochain. Toutefois, le hub ne devrait être pleinement opérationnel que d’ici 2025.

Préparer l’avenir spatial de l’Europe

"Cette stratégie va faire du site de Redu un nouvel atout pour la Wallonie, pour la Belgique, mais aussi pour l’Europe", commente Thomas Dermine, le secrétaire d’État en charge, notamment, de la Politique scientifique fédérale, et donc du spatial belge. Outre de nouvelles compétences techniques, cet investissement de l’ESA devrait contribuer au développement de l’emploi dans la région.

"En 2019, la conférence ministérielle de l’ESA, qui regroupe les ministres des états membres de l’Agence, avait pointé la cybersécurité comme l'une de ses priorités", explique Massimo Mercati (ESA). Le directeur général a décidé de la mettre en oeuvre dans son programme 2025 et l’annonce faite à Redu s’inscrit donc dans ce cadre.

"Ce projet va permettre la création d'un cluster d'activités qui va rayonner bien en dehors du secteur spatial."
Thomas Dermine
Secrétaire d'Etat en charge de la Politique scientifique

Il ne reste plus qu’à trouver les financements. "L’argent viendra du budget général de l’ESA", assure Joseph Aschbacher, son directeur général. "Bien sûr, ce budget devra être avalisé par le prochain conseil ministériel de l’ESA, en novembre 2022. Mais nous aurons déjà des rencontres cette année, pour préparer la chose". À noter, la Belgique est actuellement l'un des principaux contributeurs de l'ESA, après l'Allemagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni.

"Ce projet est aussi important pour le développement local", conclut Thomas Dermine. Il va permettre la création d’un cluster d’activités qui va aussi rayonner bien en dehors du secteur spatial, pour le bénéfice de tous, y compris les entreprises et les administrations. Il est essentiel que l’Europe se positionne dans le domaine de la cybersecurité."

Le résumé

  • La station de poursuite des satellites de l’ESA à Redu va devenir un des hauts lieux de la cybersécurité spatiale en Europe.
  • De 2022 à 2025, l’ESA compte y investir une trentaine de millions d’euros
  • Outre de nouvelles compétences techniques, cet investissement devrait contribuer au développement de l’emploi dans la région.

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