Reynders présente "ses" conseillers économiques au Brésil

(© Olivier Vin) ©BELGA

Le ministre des Affaires étrangères avait annoncé en janvier la désignation prochaine de conseillers économiques dans les ambassades belges. Une nouvelle qui avait fait grincer des dents au niveau des services régionaux du commerce extérieur. Les neuf premiers conseillers économiques vont cependant être désignés à l'occasion de la mission de Didier Reynders au Brésil.

En dépit des critiques des entités fédérées, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders va joindre le geste à la parole et désigner les premiers conseillers économiques du réseau qu'il souhaite mettre en place auprès des ambassades de Belgique à l'étranger, a-t-on appris ce lundi dans son entourage.

Les huit premiers conseillers économiques seront présentés lors de la visite de travail que le chef de la diplomatie effectue à partir de ce lundi au Brésil. Il s'agira d'hommes d'affaires belges et brésiliens, installés tant dans la capitale Brasilia, que dans les métropoles de Sao Paulo et de Rio de Janeiro.

"Le but n'est pas d'empiéter sur les compétences des attachés commerciaux des Régions", qui sont compétentes en matière de commerce extérieur, a-t-on répété dans l'entourage de Reynders. "Les personnes que nous désignons doivent être des personnes qui disposent du savoir-faire local et qui peuvent faciliter l'accès pour nos entreprises aux niveaux où les décisions sont prises", a-t-on ajouté de même source.

Hommes d'affaires, ex-parlementaires ou avocats

Les Affaires étrangères songent par exemple à des hommes d'affaires appartenant à des sociétés publiques, à d'anciens parlementaires ou à des avocats qui connaissant bien les rouages de l'appareil judiciaire d'un pays.

Reynders avait annoncé, dans la note de politique générale qu'il a présentée le 9 janvier dernier, la création de cette nouvelle fonction de "conseillers en diplomatie économique" autour des ambassadeurs et consuls généraux, puis a précisé son projet à plusieurs reprises. "Ce sont des conseillers qui vont entourer nos ambassades et les conseillers des Régions. Gratuitement, il n'y a aucun coût à cette opération", résume-t-il souvent.

Le ministre-président flamand, Kris Peeters, a récemment annoncé le dépôt d'un recours en annulation devant le Conseil d'Etat contre l'arrêté royal prévoyant la création de ces postes. Même s'il n'est pas suivi par les ministres régionaux du Commerce extérieur même si, eux aussi, ont des objections contre le projet du ministre des Affaires étrangères.

 

Le programme de la mission belge au Brésil

La visite de Reynders au Brésil aura deux volets, l'un politique, ce lundi et mardi, et l'autre économique. 

Il doit ainsi s'entretenir à Brasilia avec son homologue brésilien, Antonio de Aguiar Patriota, et avec le gouverneur du district fédéral qui abrite la capitale administrative du pays.  Reynders souhaite notamment rassurer ses interlocuteurs brésiliens sur la stabilité de la zone euro, en dépit des crises qui ont touché plusieurs de ses Etats-membres, dont Chypre. 

La suite de sa visite sera placée sous des thèmes économiques. A Sao Paulo, le centre financier du Brésil et de l'Amérique latine, et à Rio de Janeiro, il doit s'entretenir avec des gouverneurs d'Etat et des fédérations industrielles. 

Le Brésil offre des possibilités d'investissements, en particulier dans le secteur des infrastructures, à l'approche de la Coupe du monde de football de 2014 et des Jeux olympiques de Rio en 2016, malgré un ralentissement de sa croissance. L'économie brésilienne n'a ainsi progressé que de 0,9% en 2012 contre 2,7% en 2011 et 7,5% l'année d'avant. 

Des grandes entreprises belges, comme Tractebel et les entreprises de dragage DEME et De Nul, sont déjà présentes sur le marché brésilien, vaste comme presque deux fois le territoire de l'Union européenne. Reynders souhaite aussi plaider en faveur des PME belges. 

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