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Rudy Aernoudt révoqué du PP

Une nouvelle désillusion politique pour Rudy Aernoudt. Son duo avec Modrikamen n'aura tenu qu'une élection.

Le bureau du PP a évincé Rudy Aernoudt de la coprésidence du parti. Ils l'accusent d'avoir fomenté un putsch contre Mischaël Modrikamen. Les déclarations très virulentes d'Aernoudt à l'égard du député Laurent Louis, qu'il accuse de "racisme" envers les Roms, ont pesé dans l'analyse du bureau politique.

Le bureau politique du Parti Populaire (PP) a décidé hier soir de révoquer Rudy Aernoudt de la coprésidence du parti. La motion en ce sens a recueilli 75 % des voix. L’économiste est accusé d’une "tentative de putsch" interne. Il aurait tenté de débaucher des mandataires, dont le député Laurent Louis, afin de constituer une majorité anti-Modrikamen et de devenir le président unique du Parti Populaire.

Aernoudt dément catégoriquement ces allégations. Il entend contester juridiquement la décision du bureau. Qu’il obtienne ou non gain de cause, les relations politiques entre l’économiste et l’avocat sont de toute façon définitivement rompues.

Son éviction pourrait avoir des conséquences pour le financement public du PP. En effet, selon Olivier Baum, ex-candidat au Sénat et responsable du Comité de vigilance citoyen, l'asbl de financement du parti (c'est elle qui reçoit la dotation) est contrôlée aux deux tiers par Aernoudt.

Le conflit entre Modrikamen et Aernoudt est latent depuis la fondation du PP. Sur le plan politique, l’un est conservateur et l’autre libéral. A priori, ils peuvent parfaitement se rejoindre sous la bannière de "la droite décomplexée". Réunir des sensibilités différentes est même souhaitable pour qu’un parti dépasse le stade du groupuscule. Les résultats mitigés de l’élection ont toutefois incité l’un et l’autre à réfléchir à l’avenir du parti.

Cette réflexion aurait peut-être pu se dérouler sereinement si Laurent Louis, n’avait écrit sur son profil Facebook qu’il est "évident que les Roms doivent voler ou faire du trafic pour subsister". Il a été soutenu par son parti, lequel "déplore le tabou sur la question Rom en Belgique".

Une position insupportable pour Aernoudt. "Je ne peux pas rester dans un parti qui couvre de tels propos racistes, c’est le spectre opposé à tout ce que je pense", a-t-il confié à "L’Echo".

Front francophone

Aernoudt concède une autre divergence de fond: le domaine institutionnel belge. Modrikamen inclinerait de plus en plus volontiers vers "la défense des Francophones" tandis qu’Aernoudt reste un adepte convaincu des ponts entre les communautés.

Le PP s’était présenté aux élections comme l’unique parti vraiment belge (avec… le PTB) mais son aile flamande n’a jamais dépassé un niveau très symbolique. "M’inscrire dans un front communautaire, ce serait l’inverse de ce que j’ai toujours défendu, commente aujourd’hui Aernoudt. Je me tiens au Manifeste du PP. Je n’irais jamais dans une sorte de FDF-bis ou de FN-bis".

Le Parti Populaire optera désormais pour une présidence unique. Il n’est pas encore clairement décidé si Modrikamen sera simplement prolongé ou si des élections internes seront organisées. Quoi qu’il en soit, c’est la troisième désillusion politique en trois ans pour Rudy Aernoudt, après l’écrasement de son parti LiDé et l’échec de son passage au MR.

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