Salaires des CEO et performances peu liés

Sur les cinq patrons les mieux payés du Bel 20, un seul livre des performances boursières en ligne avec son salaire: Carlos Brito (AB InBev). En 2009, le manager brésilien a pourtant touché quatre fois le salaire des patrons d’Ageas et de Bekaert réunis, alors que ceux-ci ont offert des résultats au moins aussi bons à leurs actionnaires. D’autres leur font perdre de l’argent, sans la moindre sanction…

Proportionnel à leurs performances boursières, le salaire des CEO du Bel 20? Pas vraiment si on compare les rémunérations (en ce compris les bonus et rémunérations variables) des hauts dirigeants de ces sociétés l’an passé au rendement de leur action sur la même période, un exercice auquel se sont livrés nos collègues du Tijd.

En réalité, un seul des cinq patrons les mieux payés de l’indice bruxellois livre une performance à la hauteur du "Bel20 Return privé", indice qui tient compte de la valeur des actions mais aussi des dividendes distribués.

Carlos Brito, l’administrateur délégué d’AB InBev et patron le mieux payé du Bel 20, a certes reçu un superbonus de 6 millions d’euros, soit à peu près six fois son salaire annuel de base. Mais les actionnaires du brasseur ne le regretteront probablement pas lorsqu’ils auront constaté que leur investissement a livré un rendement de 121% sur l’exercice.

On ne peut pas en dire autant des investisseurs qui ont misé sur GDF Suez. En 2009, ils ont perdu de l’argent (-11%). Mais cela n’a pas empêché Gérard Mestrallet de réclamer un plus haut salaire que l’année précédente.

Au rang des grands gagnants, Ageas - pour ceux qui ont eu la chance d’entrer dans le capital de l’assureur en début d’année- a vu sa valeur multipliée par trois (+182%) en 2009, suivi par Bekaert, qui a gagné 121%. Une aussi bonne, voire meilleure performance que Brito donc.

Ensemble, les deux managers n’ont pourtant reçu qu’un quart du montant encaissé par leur confrère brésilien…

Environ la moitié des sociétés qui ont mieux performé que le BEL 20 ont d’ailleurs moins bien payé leur CEO que la moyenne (qui est de 1,4 million d’euros).

Depuis l’éclatement de la crise, les salaires des patrons sont un sujet sensible, en particulier dans le secteur financier. Mais on peut dire qu’on assiste à un véritable retour à l’humilité: parmi les trois valeurs financières du Bel 20, Ageas a le plus rendu aux actionnaires (0,08 euro par action) et le moins à son CEO (625.000 euros). Quant aux salaires chez Dexia (1 million d’euros) et chez KBC (700.000 euros), ils se situent en-dessous de la moyenne. Que les patrons les moins performants se rassurent. Cette absence de corrélation se vérifie à l’étranger, comme l’a récemment montré le Wall Street Journal en alignant les plus gros salaires cumulés sur ces dix dernières années. Pas moins de 78% de ces salaires ont été versés en options, censées rendre l’intéressement efficace…

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