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Semaine de 4 jours, travail de nuit, métiers en pénurie... Ce que l'on sait des réformes du travail

Le ministre de l'Économie et du Travail Pierre-Yves Dermagne. ©Photo News

Plusieurs réformes importantes du marché du travail ont été entérinées lors du conclave budgétaire. Tour d'horizon.

Le mégaconclave budgétaire de la Vivaldi intégrait une importante négociation sur une réforme du marché du travail. Avec, en point de mire, l'objectif de la Vivaldi de porter le taux d'emploi de 70 à 80% d'ici 2030. Dès 2022, le gouvernement table sur un gain de 13.500 emplois par rapport aux prévisions du Bureau du Plan (+ 50%).

En voici les principaux éléments, sachant que plusieurs points de l'accord devront passer la rampe de négociations entre partenaires sociaux.

Travailler 5 jours en 4

La Vivaldi s'est accordée sur la flexibilisation de la semaine de travail. Le gouvernement soutient la possibilité de prester ses heures hebdomadaires sur quatre jours au lieu de cinq. Une mesure qui pourrait permettre à certains travailleurs d'articuler autrement vie professionnelle et vie privée.

La flexibilisation de la semaine de travail s'accompagnera d'une garantie pour le droit à la déconnexion pour sanctuariser le jour "off", précise-t-on au cabinet Dermagne.

Actuellement en Belgique, la durée maximale du temps de travail est fixée à 8h par jour et 38h par semaine. Pour faire rentrer ces 38h en 4 jours, il faudrait donc augmenter la durée légale du temps de travail journalier à 9h30 par jour. Le gouvernement demande aux partenaires sociaux d'examiner le dossier. Idem pour la possibilité d'étaler son temps de travail sur deux semaines, ce qui pourrait intéresser les parents qui ont des enfants en garde alternée.

La flexibilisation de la semaine de travail s'accompagnera d'une garantie pour le droit à la déconnexion pour sanctuariser le jour "off", précise-t-on au cabinet du ministre de l'Économie et du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS). Le gouvernement demande également aux partenaires sociaux de mettre en place les modalités pour enregistrer le temps de travail dans tous les métiers, une demande de la justice européenne.

E-commerce: le travail de nuit assoupli

C'était une importante pomme de discorde entre socialistes et libéraux: la flexibilisation du travail de nuit dans le secteur du commerce électronique. Les partenaires sociaux devront à nouveau négocier sur le passage du début de la nuit de 20h à minuit. Une mesure qui permettrait de rendre l'e-commerce plus compétitif par rapport aux pays voisins. Le gouvernement propose aussi de permettre l'introduction du travail de nuit dans une entreprise de ce secteur dès lors qu'un syndicat est d'accord. D'autre part, les travailleurs qui, de manière individuelle, souhaitent travailler de nuit pourraient également le faire. Là aussi, les partenaires sociaux devront s'accorder. La FEB applaudit, les syndicats s'y opposent.

Il sera accordé aux Régions davantage d'autonomie pour le suivi et l'évaluation de la disponibilité des chômeurs.

5 jours de formation par an pour chaque travailleur

Actuellement, quand une entreprise organise des formations, elle n'est pas tenue d'en faire profiter l'ensemble de son personnel. Elle déclare un nombre d'heures de formations global. Résultat, selon un rapport du Conseil supérieur de l'emploi, des inégalités existent dans l'accès à la formation.

L'individualisation du droit à la formation doit changer la donne en octroyant cinq jours de formation minimum par an par personne. Une mesure qui ne plaît pas à la FEB.

Métiers en pénurie: un plan de bataille

Il sera possible à l'avenir de cumuler partiellement des allocations de chômage et un salaire lorsque l'on se réoriente vers un métier en pénurie. Ce droit sera dégressif dans le temps.

Les entreprises qui présentent un nombre "disproportionné" de travailleurs en incapacité de travail de longue durée se verront infliger des sanctions si elles ne rectifient pas le tir après avertissement.

Il est également question de défiscaliser partiellement les primes régionales pour les formations menant à des métiers en pénurie. Les entreprises seront encouragées à mettre en place des plans de formation menant à ces métiers.

Le gouvernement insiste sur une plus grande collaboration entre les différents niveaux de pouvoir pour la mise à l'emploi. Une plateforme interfédérale va être mise sur pied pour améliorer la mobilité des travailleurs entre les différents bassins d'emplois. Les Régions recevront davantage d'autonomie pour le suivi et l'évaluation de la disponibilité des chômeurs.

Moins de certificats médicaux, sauf dans les PME

Un accord est également intervenu pour supprimer l'exigence d'un certificat médical pour une absence d'une journée. Avec une limite: cela vaudra trois fois par an maximum. L'UCM et l'Unizo avaient exprimé leurs craintes de voir se multiplier les absences "du lundi" lorsque cette mesure a été évoquée durant les négociations.

Le gouvernement en a tenu compte et les PME de moins de 50 travailleurs n'entreront pas dans le nouveau système. Notons aussi la volonté de passer au certificat électronique.

Plus globalement, des mesures pour la réintégration des malades de longue durée sont annoncées. On pointera que des sanctions pour les travailleurs, les entreprises et les mutuelles font partie du paquet.

La conférence de presse du gouvernement sur le budget

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