Semaine décisive en politique?

Le rapport des rencontres menées par les socialistes Paul Magnette et Conner Rousseau réussira-t-il à faire avancer les discussions en vue d'un futur gouvernement? ©Photo News

Les négociations pour la formation du futur gouvernement devraient reprendre sérieusement ces prochains jours. Mais il faut d'abord s'accorder sur la manière de travailler...

Les présidents des partis socialistes flamand et francophone, Conner Rousseau et Paul Magnette, consultent depuis un mois les huit autres partis ayant soutenu les pouvoirs spéciaux. Ils ont refait ce weekend un dernier tour pour boucler leur rapport. "Le plus logique, c'est qu'ils le donnent à Sophie Wilmès", expliquait Joachim Coens, président du CD&V, ce lundi dans Matin Première (RTBF). La Première ministre devrait donc reprendre la main après la livraison de ce travail? "C'est à elle de voir ce qu'il y a dedans et ce qu'elle peut en faire."

"Il faut trouver un consensus sur le prochain pas à faire avant de se focaliser sur le prochain gouvernement."
Dave Sinardet
Politologue à la VUB

Que va-t-il se passer dans les prochains jours? Le rapport des socialistes va-t-il permettre de relancer de vraies négociations politiques? "Clairement, il est temps de passer à autre chose. Quant à savoir ce qu'on va faire... ce n'est pas évident!", constate le politologue Dave Sinardet. "Il faut trouver un consensus sur le prochain pas à faire avant de se focaliser sur la formation du futur gouvernement."

Accélération

Vendredi soir, la N-VA avait fait des bulles, refusant, lors du superkern, de soutenir le texte portant sur de nouvelles mesures socio-économiques. Pourquoi? "Ce n'est pas la bonne formule pour adopter un tel paquet. Il existe un cadre différent pour cela, à savoir la formation d'un gouvernement", expliquait le chef de groupe N-VA à la Chambre Peter De Roover, délégué par Bart De Wever à la réunion. 

Les pouvoirs spéciaux arrivent à leur terme le 26 juin et personne ne réclame leur prolongation. Les ingrédients sont donc là pour relancer les discussions, avec le plan de relance au cœur du sujet.

"Désormais, il y a un consensus pour dire qu'on peut dépenser beaucoup d'argent... ce qui rend l'exercice beaucoup plus attractif."
Dave Sinardet
Politologue à la VUB

Quel rôle pour Sophie Wilmès?

Dave Sinardet rappelle que, cette fois, le Palais n'est pas impliqué dans le processus. "La situation est inédite. Comme on a un gouvernement de plein exercice, c'est aux présidents des partis de s'accorder sur la marche à suivre. Mais le grand problème reste que différentes visions coexistent."

Chacun y va de sa propre idée: coalition idéale, exclusive... "On entend que Sophie Wilmès devrait endosser le rôle pour la formation du prochain gouvernement, mais le MR ne pense pas que ce soit une bonne idée. Vu qu'il n'y a guère d'espoir que la situation se débloque rapidement, le parti ne veut pas la 'brûler' trop vite", explique encore le professeur de la VUB. La Première ministre jouit d'une popularité relativement bonne en Flandre désormais. "Son score n'est pas génial, mais elle n'est pas moins populaire que Jan Jambon."

"Deux options restent possibles"

Il y a aussi l'idée, avancée par Peter De Roover, de lancer Jan Jambon et Elio Di Rupo au cœur des négociations. Mais elle déplaît à Egbert Lachaert, le président de l'Open Vld. 

Et finalement, force est de constater que le déroulement des superkerns, que l'on croyait utiles au rapprochement des esprits, n'a pas eu l'effet escompté. Bref, plus d'un an après les élections, "deux options restent possibles, aucune n'est totalement écartée, mais rien n'est vraiment clair".

Reste à voir comment le rapport du duo formé par Paul Magnette et Conner Rousseau sera apprécié dans les partis. On sait que l'initiative en avait énervé certains. Mais l'aura du président du sp.a croît en Flandre, et ses rapports avec la N-VA sont bons, alors que le PS reste hermétique face aux nationalistes flamands. Comment ces perceptions seront-elles traduites dans le bilan des rencontres? 

Pour Dave Sinardet, la seule raison de se montrer optimiste, c'est que "la crise du coronavirus a changé la vision sur la situation budgétaire. Avant, ce n'était attractif pour personne de monter dans un gouvernement pour apporter de mauvaises nouvelles. Mais désormais, il y a un consensus pour dire qu'on peut dépenser beaucoup d'argent... ce qui rend l'exercice beaucoup plus attractif."

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