interview

"Si 10 % de la population travaille jusqu'à 67 ans, le résultat sera atteint"

©Thomas De Boever

Les syndicats sont une nouvelle fois dans les rues de Bruxelles afin de s'opposer à la réforme des pensions. Le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine, dénonce une campagne de désinformation et appelle les partenaires sociaux à accepter l'idée que le gouvernement doit prendre des "décisions fondamentales pour le futur".

Alors que les syndicats appellent une nouvelle fois à descendre dans le rue ce mardi pour s'opposer à la réforme des pensions telle que concoctée par le gouvernement, Daniel Bacquelaine dénonce une campagne de "désinformation". "On essaie d'effrayer la population en travestissant la réalité", lance le ministre sur les ondes de Bel RTL.

Premier visé par cette critique: le PS. "Le Belge est raisonnable par rapport à cette problématique mais il y a une entreprise de désinformation: le parti socialiste tente de faire peur aux gens."

Pour le ministre, l'inquiétude est palpable sur le terrain. "Quand je vois des jeunes, ils me demandent si l'Etat sera toujours solidaire d'eux plus tard. Si on ne crée pas un champ de mines en matière de protection sociale pour nos enfants et petits enfants. C'est le vrai débat!"

La réforme des pensions devrait, selon lui, mener à avoir plus tard des "pensions justes et dignes". "Or avec le PS, on est passé du chantier des idées au chantier des mensonges: les exemples donnés par les socialistes sur les métiers pénibles sont tous faux."

Au programme de cette réforme, trois points font grincer des dents:

→ L'âge de la pension relevée à 67 ans: pour le ministre, la situation est claire. Pour avoir un équilibre, il n'y a pas 20 solutions mais trois:

• on augmente les cotisations: "c'est néfaste pour l'emploi." 
• on diminue les prestations: "ce n'est pas ce qu'on a fait."
• on demande de travailler plus longtemps en tenant compte de l'espérance de vie.

Daniel Bacquelaine ajoute toutefois que tout le monde ne travaillera pas jusqu'à 67 ans. Un système de pension anticipé à 63 ans voire même à 60 ans reste d'application. "Si 10 % de la population travaille jusqu'à 67 ans, le résultat sera atteint."

→ L'augmentation de la pension minimum: la moyenne de l'OCDE est à 62 %. Mais Daniel Bacquelaine insiste surtout sur le fait que la Belgique est caractérisée par une carrière moyenne de 32 ans, contre 38 ans en Allemagne ou aux Pays-Bas. "On travaille beaucoup moins que dans tous les autres pays européens. Si on veut augmenter la pension moyenne, il faut aussi augmenter la durée de la carrière."

→ L'instauration de la pension à point: Ce système permet de tenir compte de la durée de carrière. Il offre le choix aux gens de partir en pension entre 60 et 67 ans s'ils ont accumulé suffisamment de points. "Dire qu'on ne connaîtra pas la valeur du point est faux! Elle sera connue à tout moment et ne diminuera jamais."

Daniel Bacquelaine conclut en indiquant n'avoir jamais écarté les syndicats des négociations mais leur demande d'accepter l'idée que le gouvernement "doit prendre ses responsabilités et prendre des décisions fondamentales pour le futur".

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