Statut unique: 80 millions pour faire passer la pilule

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Le fédéral planche sur une baisse de charges salariales de 80 millions d’euros pour compenser les effets négatifs de l’harmonisation des statuts ouvriers-employés.

Le gouvernement fédéral planche sur un abaissement (linéaire) des charges salariales de 80 millions d’euros pour compenser les effets négatifs, pour les entreprises, de l’harmonisation des statuts ouvriers-employés.

Le projet a en effet reçu le feu vert du gouvernement vendredi dernier et le nouveau système devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2014, apportant son lot de modifications.

C’est ainsi que les délais de préavis seront allongés pour les ouvriers mais raccourcis pour les employés. Et qu’il sera mis fin au régime du jour de carence — le premier jour de maladie d’un ouvrier, qui n’est pas payé actuellement.

Tout cela aura un coût pour les employeurs, raison pour laquelle le gouvernement a planché sur des mesures compensatoires. Après avoir d’abord imaginé un système assez complexe (ne pas payer de charges sur le premier jour de maladie), il se dirige à présent vers une formule beaucoup plus simple à appliquer, un abaissement généralisé des cotisations patronales.

À ajouter au budget

Le hic, c’est que ces 80 millions d’euros à trouver compliquent quelque peu les discussions sur le budget 2014, actuellement en cours, car ils s’ajoutent aux 270 millions d’euros que le gouvernement doit déjà trouver pour boucler son exercice. Ainsi qu’aux 200 millions d’euros que l’équipe Di Rupo voudrait dégager pour favoriser des politiques de relance.

Et dans l’avenir, la situation ne devrait pas s’améliorer puisque les experts estiment que c’est à partir de l’année 2019 que la facture, pour les entreprises, de l’harmonisation des statuts ouvriers/employés sera la plus élevée.

Réactions

Réactions

Tant Karel Van Eetvelt (Unizo) que Pieter Timmermans (FEB) soulignent qu'il s'agit d'une compensation de la suppression du jour de carence, le premier jour de maladie non-payé pour les ouvriers. Cette compensation faisait partie du compromis, indiquent-ils.
Les autorités perçoivent actuellement des cotisations sur ce jour de carence supprimé, dit Pieter Timmermans sur Twitter. "Vois pas ce que le gouvernement injecte."
Le patron de l'Unizo Karel Van Eetvelt a pour sa part déclaré en radio (VRT) que les 80 millions d'euros sont une compensation pour le surcoût du statut unique. Il a répété que les employeurs trouvent que l'accord sur le statut unique est mis en oeuvre de manière déséquilibrée.
L'Unizo reste demandeuse d'une diminution linéaire de charges de 7 milliards d'euros. Cela doit être le moteur des élections de l'an prochain. Le gouvernement actuel doit selon le patron de l'Unizo "faire ce qu'il peut".

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