Surveillé, Schild & Vrienden n'est pas pour autant groupe à risque

Koen Geens et Jan Jambon ont défendu l’action des services de police et de renseignement. ©BELGA

Jan Jambon et Koen Geens ont défendu l’action de leurs services par rapport à Schild & Vrienden. Surveillé depuis mai 2017, le groupuscule identitaire n’était pas pour autant considéré comme un groupe risque, car n’ayant pas commis de délits.

Ceux qui attendaient un mea culpa de la part du gouvernement suite aux révélations dans le récent reportage de la VRT au sujet du groupuscule identitaire Schild & Vrienden en auront eu pour leur frais. Auditionnés à la Chambre hier, les ministres de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), et de la Justice, Koen Geens (CD&V), ont fait le gros dos face au feu nourri de l’opposition.

"Pourquoi vos services n’ont-ils pas vu ce que les journalistes ont mis au jour?", a lancé le chef de groupe Ahmed Laaouej. "À quand le plan d’action contre le racisme promis par la secrétaire d’Etat Zuhal Demir?", a interrogé Peter Vanvelthoven (sp.a). "Les membres de Schild & Vrienden se sentent chez eux sur les listes N-VA", a pour sa part insinué Raoul Hedebouw (PTB).

La news

Le Conseil flamand de la jeunesse a décidé mercredi soir d'exclure les quatre membres de son conseil d'avis liés à Schild & Vrienden. Le conseil d'avis compte seize conseillers, dont huit membres élus comme représentants de la jeunesse. Quatre d'entre eux sont apparus comme faisant partie du groupuscule centré sur l'identité flamande et aux messages flirtant avec l'extrême droite.
 Ces quatre membres "n'ont pas seulement causé un grand dommage à notre organisation, il y a aussi une rupture de confiance importante entre eux et le Conseil flamand de la jeunesse", a souligné cette instance mercredi soir.

Pas de faits délictueux

Jan Jambon a répondu que si Schild & Vrienden se trouvait bel et bien "sur le radar" des services de renseignement et de sécurité depuis 2017, il n’avait pas pour autant été inscrit parmi les "organisations à risque". Tout simplement parce qu’il n’y avait pas de faits punissables à mettre à son actif. Auquel cas des méthodes particulières de recherches auraient pu être mises en œuvre, comme la mise sur écoute ou l’infiltration sur les réseaux sociaux.

La police a placé le groupuscule identitaire dans son colimateur suite à un post sur Instagram le 27 octobre 2017 après une manifestation étudiante. Le 12 avril 2018, le groupe s’était illustré par une attitude provocante à l’égard d’organisations de gauche. Le 24 juillet 2018, le ministre a reçu, comme chaque année du reste, une liste actualisée des organisations "à risque". Schild & Vrienden n’y figurait pas. "Pour cela, il faut que des faits délictueux aient été commis", a justifié Jambon.

Appel à la modération

De son côté, Koen Geens a confirmé que Schild & Vrienden était suivi par la Sûreté de l’État depuis mai 2017, mais sans que des méthodes particulières de recherches ne soient engagées. Il a aussi confirmé l’existence au sein de la Sûreté d’une cellule qui travaille sur l’extrémisme idéologique mais dont l’organigramme est "classé" (secret).

"Il serait illusoire d’espérer combattre l’extrémisme en renforçant encore les outils de surveillance."
koen geens
ministre de la justice

Par contre, Koen Geens a tenu à mettre en garde contre les appels à davantage de répression. "Il serait illusoire d’espérer combattre l’extrémisme en renforçant encore les outils de surveillance dont disposent nos services de police et de renseignement. Je ne suis pas favorable à un système où la police aurait les moyens de connaître la vie privée de chaque citoyen." Dans la foulée, il en appelle à "la responsabilité de chacun dans le débat public".

"Je suis pour la liberté d’expression, mais il y a aussi la façon de s’exprimer qui importe. Lorsqu’il est question de terrorisme ou d’immigration, le débat dégénère rapidement en guerre d’opinion. À chacun de montrer l’exemple."

Les suites
Journaliste sous protection

Le journaliste de la VRT auteur du reportage sur Schild & Vrienden, Tim Verheyden, a été placé sous le niveau 2 de la menace, a indiqué le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon.

Cette mesure a été prise suite à la virulence de certaines réactions dont il a fait l’objet. Le niveau 2 de la menace permet d’accorder un certain nombre de mesures de protection (patrouilles de police, ligne téléphonique directe avec les services de sécurité).

Par ailleurs, Louis Destoop, l’étudiant membre de Schild & Vrienden qui était censé succéder à Dries Van Langenhove au conseil d’administration de l’Université de Gand, a renoncé à son mandat. Louis Destoop figurait également dans le reportage de la VRT où il affichait une admiration pour Adolf Hitler. 


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