Theo Francken: "Les politiciens doivent savoir prendre leurs responsabilités"

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Au Lorraine, ce mardi, Theo Francken n'a rien lâché. Et surtout pas sur les controversées visites domiciliaires...

Date supplémentaire et salle archi-complète, l'étape Cercle Lorraine du "Theo toert" - littéralement "Theo est en tournée" - s'annonçait bouillante comme un concert des Stones. Pensez-donc: dans un business-club, le droitier Theo Francken joue en terrain conquis.

Et ce fut le cas puisqu'au terme de l'heure qu'a duré son exposé, ce mardi midi à Bruxelles, une large salve d'applaudissements est venue saluer sa conclusion alors qu'il paraphrasait Winston Churchill: "Il ne faut jamais gaspiller une bonne crise". 

La crise européenne de l'asile, nous y voilà. Le terriblement controversé (et terriblement populaire) secrétaire d'Etat du gouvernement fédéral a mis à profit cette session pour répondre à une question: comment en est-on arrivé là? Bien sûr, on ne se refait pas.

PS et Ecolo taclés

Francken a émaillé sa partition de piques à la gauche - singulièrement à destination du Parti socialiste et d'Ecolo, ses meilleurs ennemis. Pour le reste, il est allé au fond du sujet. Pour le nationaliste flamand, l'origine de la vague de migration massive à laquelle l'Europe doit faire face depuis trois ans (700.000 demandes d'asile rien qu'en 2017) est diverse.

"L'aide au développement ne réduit pas la pression migratoire. On voit d'ailleurs que les candidats au départ viennent davantage des pays africains les plus riches que les plus pauvres".
Theo Francken

Il y a d'abord, a-t-il entamé, les divergences de richesses entre Nord et Sud. Et là, une première pique à la gauche. "Elle a toujours pensé que l'aide au développement allait tout régler et était la solution miracle aux problèmes de migration. Ce n'est pas le cas".

Selon Francken, quelque 210 millions de jeunes seraient prêts à entamer une migration avec l'espoir d'une vie meilleure. "L'aide au développement ne réduit pas la pression migratoire. On voit d'ailleurs que les candidats au départ viennent davantage des pays africains les plus riches que les plus pauvres".

Autre paramètres: la surpopulation dans le monde musulman et en Afrique subsaharienne ainsi que l'instabilité politique et les conflits armés."Il est clair que l'Afghanistan, l'Irak ou la Syrie sont des pays d'origine de nombreux candidats à la migration".

En marge de ces facteurs exogènes, Theo Francken a pointé deux paramètres propres à l'Europe qui ont, selon lui, permis l'explosion de cette crise migratoire.

  • Primo, la législation européenne ne permet plus les fameux "push-back", c'est-à-dire ramener directement vers leur pays d'origine les candidats à la migration et les bateaux qui sont interceptés en mer. "Bien entendu, on doit sauver les gens, mais où doit-on les transporter ensuite? C'est une question fondamentale".
  • Secundo, Francken relève l'attitude européenne vis-à-vis de l'immigration clandestine. Ce moment où la gauche européenne a retrouvé la droite (Angela Merkel entre autres) et même le patronat allemand: "la politique des bras ouverts nous a conduit à la catastrophe". 

Résultat: un virage européen à 180 degrés, des gouvernements populistes. Et à la clé un accord avec la Turquie d'Erdogan qui sert désormais d'Etat tampon pour amortir le choc migratoire. "Ne croyez pas que je sois un fan de cet accord, il n'est pas très joli, mais il faut admettre que c'est efficace".

Une politique musclée

Francken plaide d'ailleurs, à l'échelon européen, pour une politique extérieur musclée, cohérente et globale. "Appliquer les mêmes recettes que nous appliquons à la Turquie aux pays du sud-méditerranéen". Theo Francken a également défendu le fait de collaborer à un échelon européen avec le Soudan.

"On me parle de rafles, on me traite de raciste, de nazi, de fasciste, mais la vérité, c'est que ce projet législatif est nécessaire"
Theo Francken

"Ce pays occupe une place stratégique. On sait que la situation est problématique en termes de droits de l'homme. On doit cesser de déléguer à ces régimes-là, mais il faut que l'Europe prenne ses responsabilités en la matière."

Pour le reste, le secrétaire d'Etat a, avec son franc-parler habituel, encore évoqué cet autre sujet hautement sensible et au coeur de l'actualité: les visites domiciliaires/perquisitions pour débusquer les sans-papiers en situation irrégulière.

"On autorise les inspecteurs sociaux et les inspecteurs fiscaux à effectuer ce genre de visites domiciliaires et ce ne serait pas possible pour les clandestins? Encore une fois c'est un deux poids deux mesures de la gauche."
Theo Francken

"C'est un projet qui vise à contrer le trafic d'êtres humains, l'accueil pour des raisons humanitaires n'est absolument pas en cause", a-t-il rappelé. "On me parle de rafles, on me traite de raciste, de nazi, de fasciste, mais la vérité, c'est que ce projet législatif est nécessaire pour les policiers qui se retrouvent souvent devant une porte close tout en sachant que des clandestins sont hébergés. On autorise les inspecteurs sociaux et les inspecteurs fiscaux à effectuer ce genre de visites domiciliaires et ce ne serait pas possible pour les clandestins? Encore une fois c'est un deux poids deux mesures de la gauche".

Enfin, sur la légalité du projet, Theo Francken assure ne pas être une seconde inquiet: "C'est juridiquement très solide, ce travail est juridiquement parfait, à la virgule près".    

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