Theo Francken - Maggie De Block, le match des personnalités préférées

Théo Francken & Maggie De Block

La ministre des Affaires sociales Maggie De Block reprend les compétences de Theo Francken dans le gouvernement Michel II. Une passation qui ne s'est pas faite sans heurts.

Entre Maggie De Block et Theo Francken, c'est un peu le match des "personnalités préférées".

"Je récupère un département en crise. C’est le chaos."
Maggie De Block
ministre de l'Asile et de la Migration

Et l'on peut dire que la reprise, par Maggie De Block (Open Vld), des compétences gérées par un Theo Francken (N-VA) démissionnaire ne s’est pas faite sans heurts. Sur le coup, ce n’est pas Theo Francken qui a tiré le premier. Mais celle qui est également ministre de la Santé publique et des Affaires sociales.

Jugez plutôt. En annonçant l’élargissement de ses compétences à l’Asile et la Migration, Maggie De Block souligne que Theo Francken a poursuivi la politique qu’elle avait elle-même mise en place. Une ligne "stricte et juste", qui "n’était plus suivie ces dernières semaines". En cause, le quota récemment instauré par le secrétaire d’État, limitant à 50 par jour le nombre de demandes d’asile. Aussitôt supprimé par Maggie De Block, évoquant le cas de cette mère et de son enfant jetés à la rue. "Je récupère un département en crise. C’est le chaos."

Autant dire que Theo Francken n’a guère apprécié. Qualifiant la sortie de la libérale de "petite", parlant de "mensonge" et "d’indécence". Jusqu’à menacer, un peu plus tard, l’Open Vld d’une "guerre totale" jusqu’aux élections de mai. Ambiance.

 

Visibilité et popularité folles

Comment expliquer cette poussée de fièvre? C’est simple. Il s’agit de Maggie De Block. De Theo Francken. Et du portefeuille de l’Asile et de la Migration. Des compétences qui avaient propulsé Maggie De Block à des sommets de popularité, lorsqu’elle les exerçait dans le gouvernement Di Rupo. Avant de voir son étoile un brin pâlir sous Michel, en se frottant à la Santé et à la Sécu. Tandis que son successeur, Theo Francken, cassait la baraque dans tous les sondages politiques.

Autrement dit, même si la matière peut sembler ingrate et sensible, il s’agit là d’un poste assurant une visibilité et une popularité folles, pour qui réussit à ne pas se prendre les pieds dans le tapis. Et voilà qu’à six mois des élections, Maggie De Block reprend le flambeau à Theo Francken, non sans effectuer un petit croc-en-jambe.

La guerre n’est pas loin d’être déclarée entre partis flamands.

Ajoutez à cela que, puisque la campagne électorale semble officiellement ouverte, la guerre n’est pas loin d’être déclarée entre partis flamands. La concurrence s’annonce rude. Surtout entre l’Open Vld et la N-VA? Peut-être bien: en délaissant Michel pour un pacte migratoire non contraignant et en laissant en plan une série de réformes socio-économiques, la N-VA risque d’avoir écorné son image de parti gestionnaire. Dans cette crise, l’Open Vld pourrait tirer les marrons du feu, endossant, seul, l’image de parti libéral et responsable.

Allez, dans l’immédiat, l’histoire s’est terminée plus pacifiquement qu’elle n’avait débuté. Au moment de la passation de pouvoir, Maggie De Block s’est fendu d’un bouquet de fleurs pour Madame Francken. Et Theo Francken a offert à Maggie De Block un exemplaire de son livre, avec "un petit mot gentil" dedans. Ouf.

Quelle politique va mener Magie De Block?

Maggie De Block a demandé à ses services de revoir progressivement à la hausse le nombre de demandes d'asile qui peuvent être introduites.   

  • Pour rappel, Theo Francken avait donné l'ordre de ne plus accepter l'examen d'un maximum de 50 demandes d'asile par jour par l'Office des étrangers.

"Il s'agissait d'instructions orales de mon prédécesseur", a confirmé Maggie De Block. "J'ai demandé à mes services, l'Office des étrangers et Fedasil notamment, combien ils pouvaient en inscrire et de combien de places ils disposaient."

En réalité, il y avait plus ou moins 80 personnes enregistrées par jour à l'Office des étrangers.

"Si les gens doivent séjourner durant les premiers mois dans la rue, dans le froid, cela ne va pas et cela ouvre la voie à la criminalité. La situation était particulièrement grave lorsque j'ai hérité du département. Je ne souhaite pas mener une autre politique mais je veux protéger les personnes et prendre mes responsabilités. Il existe un droit à demander l'asile. Cette demande est validée en fonction de divers facteurs." 

A ce stade, les familles avec enfants resteront prioritaires au Petit Château. 

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