Theo Francken n'a pas signé la liste des visas

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La liste des visas humanitaires a été signée par une collaboratrice du cabinet mais pas par le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration en personne, étape pourtant nécessaire à la procédure.

La confirmation vient de Maggie De Block, auditionnée hier en commission de l’Intérieur de la Chambre. La liste des visas humanitaires a été signée par une collaboratrice du cabinet mais pas par le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration en personne, étape pourtant nécessaire à la procédure. "L’instruction pour octroyer un visa a été délivrée par le cabinet et contrairement aux instructions dans le cadre de la réinstallation, a affirmé l’actuelle secrétaire d’État Open Vld à la Migration. C’est contraire à la loi."

Maggie De Block a par ailleurs souligné le manque d’information sur la relation hiérarchique entre Theo Francken et cette collaboratrice. Lui avait-il délégué ce pouvoir? A-t-elle agi en initiative propre? "Mon grand tort est d’avoir fait confiance", affirmait Theo Francken lors de son audition à la Chambre la semaine dernière.

Trafic d’êtres humains

La liste reprend les noms des réfugiés syriens qui ont reçu leur visa avec le concours de Melikan Kucam. L’ancien échevin N-VA est soupçonné d’avoir réclamé plusieurs milliers d’euros en échange de ces visas. La chambre des mises en accusations d’Anvers a par ailleurs confirmé le mandat d’arrêt à l’encontre de Melikan Kucam, soupçonné de trafic d’êtres humains.

Ce possible trafic aurait été dénoncé en 2017 dans une lettre envoyée par l’European Syriac Union. Maggie De Block a expliqué n’avoir jamais vu cette lettre et a confirmé que le gouvernement n’était pas au courant de ce trafic présumé avant les sorties dans la presse.

 

Impossible à retrouver

Le critère de vulnérabilité, essentiel dans l’octroi de visas humanitaires, se trouve au cœur de l’enquête. Les chrétiens syriens étaient-ils dans une situation qui autorisait cette procédure exceptionnelle, à discrétion du secrétaire d’État? Difficile de les interroger pour déterminer leur situation. Ces réfugiés n’ont pas été enregistrés à leur arrivée en Belgique, et certains ont aujourd’hui quitté le territoire. "L’accord de Dublin s’applique, ils sont libres de circuler et nous ne pouvons pas les tracer", a expliqué Maggie De Block. La secrétaire d’Etat s’est déclarée favorable à la conservation de ce pouvoir discrétionnaire, désormais dans son portefeuille ministériel, tout en soulignant un impératif de transparence. 

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