Theo Francken recadre Charles Michel après sa sortie sur les Soudanais

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Mercredi soir, le Premier ministre Charles Michel a indiqué sur la RTBF qu'"il n'y aurait plus de rapatriements de Soudanais avant la fin janvier". Il répondait ainsi à la polémique sur les révélations de possibles cas de torture endurée par des Soudanais expulsés de notre pays au moment du retour dans leur pays. Une sortie qui n'a pas du tout plu à Theo Francken.

Charles Michel a énervé son secrétaire d'Etat à l'Asile et aux Migrations Theo Francken mercredi soir. Invité sur le plateau d'A votre avis sur la RTBF, le Premier ministre a indiqué que "jusqu'à la fin du mois de janvier, il n'y aura pas de rapatriements vers le Soudan." Il dit vouloir attendre la fin de l'enquête. "Je veux que la clarté soit faite sur cette situation. On ne peut pas accepter qu'il y ait la moindre ambiguïté."

Charles Michel réagissait en fait à des témoignages publiés mercredi selon lesquels des Soudanais qui ont été renvoyés ces derniers mois depuis la Belgique ont été maltraités à leur retour au pays. Tous avaient rencontré précédemment l'équipe d'identification invitée par le secrétaire d'Etat en charge de l'Asile.

"J'ai ordonné une enquête, je gère mes dossiers, j'applique la loi et exécute ce qu'il m'a demandé de faire en août en évitant un second Calais."
Theo Francken

Agacé par cette sortie, Theo Francken a tenu à recadrer le Premier ministre au micro de VTM ce jeudi. "Le Premier ministre n'aurait pas dû dire qu'il n'y aurait plus de rapatriement, car aucun n'est prévu. J'ai ordonné une enquête, je gère mes dossiers, j'applique la loi et exécute ce qu'il m'a demandé de faire en août en évitant un second Calais. Donc, non, je ne pense pas que ça soit correct", a déclaré Theo Francken.

"Insinuer qu'il n'y aura pas de rapatriement jusqu'à la fin janvier est absurde car aucun n'est planifié", a-t-il ajouté. A la question de savoir si les expulsions reprendront au début du mois de février, Theo Francken a tenu à clarifier une nouvelle fois les choses. "On verra à ce moment-là. Pour l'instant, nous enquêtons. Personne d'autre que moi n'a ordonné cette enquête et je n'ai pas besoin de l'Open VLD et du CD&V".

Dans la matinée, le secrétaire d'Etat avait déjà partagé son indignation suite au propos de Charles Michel sur Twitter. "1/aucun rapatriement n'est prévu fin janvier, donc rien ne doit être reporté; 2/nous faisons ce que font tous les autres pays européens; 3/j'applique la législation; 4/nous avons averti l'ONU dès le premier jour, pas d'avertissements; 5/en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, on a parlé d'histoires similaires, cela s'est avéré être faux."

"Il n'y aura pas d'expulsion de Soudanais tant qu'une enquête indépendante n'aura pas éclairci les informations relatives à leur mauvais traitement lors de leur retour au Soudan", a répondu dans l'après-midi Charles Michel devant la Chambre. Il espère en obtenir les résultats au mois de janvier.

"Il n'y aura pas d'expulsion de Soudanais tant qu'une enquête indépendante n'aura pas éclairci les informations relatives à leur mauvais traitement lors de leur retour au Soudan."
Charles Michel

Le Premier ministre a rappelé l'importance à ses yeux de l'article 3 de la Convention européenne de droits de l'homme, qui prohibe la torture et les mauvais traitements, "un principe sacré". La N-VA n'a pas paru exactement sur la même longueur d'ondes. Avant d'entendre la réponse, la députée Sarah Smeyers s'est félicitée qu'il n'y avait "pas de suspension" des expulsions. "Et c'est une bonne chose", a-t-elle ajouté.

Theo Francken a quant à lui confirmé les propos qu'il a tenu sur Twitter ce matin sous la forme d'un communiqué.

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