Theo Francken sur l'affaire des visas: "Ai-je été trop crédule?"

Theo Francken. ©Photo News

L’ancien secrétaire d’Etat a répondu aux questions des députés dans le dossier des visas humanitaires octroyés aux chrétiens d’Orient, assombri par des soupçons de fraude grave.

Interrogé ce matin à la Chambre à propos de l’affaire des visas humanitaires, Theo Francken (N-VA) a défendu sa politique. L’ancien secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration avait été invité à s’exprimer sur la manière dont le gouvernement a permis l’octroi de 1.501 visas humanitaires au profit de chrétiens syriens.

Et, surtout, comment des fraudes présumées ont pu être mises au jour, impliquant notamment un dignitaire N-VA malinois, Melikan Kucam, toujours sous mandat d’arrêt. Celui-ci est soupçonné d’avoir exigé de l’argent contre l’octroi de ces visas humanitaires alors que, ce mardi, 46 perquisitions et 15 arrestations ont été menées par la police d’Anvers dans le cadre de ce dossier.

"Je ne veux pas éluder mes responsabilités politiques."
Theo Francken
Ex-secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration

L’audition de Theo Francken avait été réclamée à grands cris par tous ses opposants politiques. Ce matin, il a déclaré "ne pas vouloir éluder ses responsabilités politiques". L’ancien secrétaire d’Etat s’est retranché derrière des décisions de l’ONU et du Parlement pour justifier l’existence d’un "corridor humanitaire" afin de faire venir des membres de la minorité chrétienne en 2015.

"Nous avons reçu un mandat clair de la part du Parlement. Les chrétiens à Alep étaient en danger de mort, victimes de persécutions ciblées par Al-Nosra et l’Etat islamique, confirmées en mars 2015 par les Nations Unies. L’opération menée à Alep en 2015 fut secrète et un succès", a-t-il relevé. Pour lui, si "tout est perfectible, nous avons bien organisé ces opérations, de manière consensuelle et consciencieuse".

"A aucun moment, je n’ai vu ou entendu de preuves des faits."
Théo Francken

Theo Francken n’a pas souhaité s’appesantir sur le dossier judiciaire en cours, se retranchant derrière le secret de l’enquête. "Si on peut prouver que de l’argent a été obtenu ainsi, c’est impardonnable. L’intéressé le nie. La justice donnera ses réponses. À aucun moment, je n’ai vu ou entendu de preuves des faits. La police de Malines n’a jamais signalé moindre chose à mon égard", a insisté Theo Francken.

Ce dernier a ouvert la porte à une forme de regret: "Ai-je commis une erreur, ai-je été trop crédule? N’a-t-on pas respecté ma confiance? La pire chose que j’ai fait a été de faire confiance, la meilleure des choses a été de faire confiance…" Theo Francken a néanmoins soutenu sa politique ainsi que la communauté des chrétiens d’Orient: "C’est une communauté qui travaille dur et mérite notre respect, pas une bande de fraudeurs."

L’audition était toujours en cours, ce midi, à la Chambre, alors que Theo Francken doit encore répondre à une batterie de questions posées notamment par Philippe Pivin (MR), Nahima Lanjri (CD&V), Patrick Dewael (Open Vld), Monica De Coninck (sp.a) ou Wouter De Vriendt (Groen). La plupart tournent autour du fonctionnement du cabinet Francken et de la manière dont il a pu ne pas voir qu’une telle fraude présumée était en marche.

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