Theo Francken: "Vivaldi, c'est la partition parfaite pour la fin de la Belgique"

"Oubliez le front flamand, on ne va plus utiliser ce terme", a lancé Theo Francken (N-VA) après que Bart De Wever, son président de parti, l'ait utilisé lundi, suscitant le malaise de plusieurs autres formations politiques flamandes.

Theo Francken adoucit le ton: la N-VA ne veut plus parler de "front flamand". Mais il persiste sur le fond en préconisant le confédéralisme et un gouvernement avec une majorité côté flamand.

J'aime les Wallons, les francophones, je ne veux pas une guerre.
Theo Francken
Député N-VA

Interrogé sur l'appel de son président de parti Bart De Wever à la constitution d'un "front flamand" face aux "ukases" du PS, Theo Francken a tenté d'adoucir quelque peu le ton employé lundi par la N-VA à l'adresse des autres partis du nord du pays. Et pour cause, cet appel au "front" fut rapidement retoqué par l'Open Vld et le CD&V, qui ont peu goûté à la terminologie guerrière employée par la N-VA. 

"Oubliez le front flamand, on ne va plus utiliser ce terme", a répété Theo Francken, interrogé ce mardi matin sur La Première. Dites plutôt "coopération", "alliance", face au niet du PS face aux revendications communautaires de la N-VA, recadre-t-il, sous-entendant, au passage, que ces dernières sont également portées par les autres partis du gouvernement flamand – Open Vld et CD&V – ce qui est loin d'être démontré.

Mais donc, la N-VA a compris que le ton employé dans sa communication lundi risquait de l'isoler côté flamand. Theo Francken tente donc de polir la com' de son parti. Le but: maintenir le lien avec les autres formations flamandes (on pense en particulier au CD&V) de sorte qu'un gouvernement fédéral sans la N-VA ne puisse advenir.

La Belgique selon la N-VA? "Les Diables rouges, le Roi et le chocolat"

Mais s'il consent une courbe rentrante sur la forme, le message du nationaliste flamand reste ferme sur le fond.

Les francophones veulent plus d'allocations sociales, la semaine de 4 jours et mettre le climat en priorité n°1 avec plus de taxes. Ils ont voté pour ça, ils peuvent le faire, mais ils doivent payer les factures.

"Pendant huit mois, Bart De Wever a joué le jeu. Nous sommes un parti responsable. On a tout fait pour trouver un compromis à la belge, pour trouver des points de convergence entre les programmes du PS et de la N-VA, ce qui n'est pas facile. Mais le PS n'a pas pris ses responsabilités. Ce n'est pas malin de sa part", estime l'ancien secrétaire d'État à l'Asile et la Migration.

Car, avance-t-il, la N-VA ne veut pas la fin de la Belgique, mais veut "la réformer". S'appuyant sur la thèse des deux démocraties martelée par son parti depuis de nombreuses années, il schématise: "Les francophones veulent plus d'allocations sociales, la semaine de 4 jours et mettre le climat en priorité n°1 avec plus de taxes. Ils ont voté pour ça, ils peuvent le faire, mais ils doivent payer les factures."

Les Flamands, dit-il, ont voté pour "une sécurité plus sévère, une migration plus forte (sic), moins de taxes et plus de libéralisme". "On va le faire et on va payer, pas de problème." Mais ce n'est pas la fin de la Belgique: "Les Diables rouges, le Roi et le chocolat vont rester"...

Vivaldi, c'est la partition parfaite pour la fin de la Belgique.

On n'est est pas là. Le Roi consulte toujours. L'option dite "Vivaldi" (sans la N-VA) n'est pas encore enterrée. Mais elle impliquerait une minorité dans le groupe linguistique flamand. "Un gouvernement minoritaire côté flamand, c'est jouer avec le feu pour ceux qui aiment la Belgique. Ce n'est pas une bonne idée", prévient Theo Francken, punchline à l'appui: "Vivaldi, c'est la partition parfaite pour la fin de la Belgique." Dont la N-VA, dit-il, ne veut pas.

Le Roi consulte

D'ici mercredi, dix présidents de parti s'entretiendront avec le souverain. 

Le président du cdH, Maxime prévot, a été le premier à s'entretenir de la situation politique avec le roi Philippe lundi. Dans la foulée, ce sont les écologistes flamands qui se sont rendus au Palais. Le Roi a terminé par un échange avec le président de la N-VA, Bart De Wever. 

Ce mardi, c'est au tour des présidents du sp.a, du MR et d'Ecolo. Mercredi, l'Open Vld, le PS, le CD&V, et DéFI sont attendus au Palais de Bruxelles. 

L'ordre dans lequel sont reçues les formations politiques ne revêt aucune signification particulière.

Le Vlaams Belang (extrême droite) et le PTB (extrême gauche) n'ont pas été conviés. 

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