Thomas Dermine: "L’argent n’est pas le problème prioritaire des start-ups belges"

Thomas Dermine (PS), secrétaire d'État pour la Relance et les Investissements stratégiques. ©BELGAIMAGE

Le MR veut utiliser le Tax shelter pour soutenir l'écosystème numérique belge. Une fausse bonne idée pour Thomas Dermine en charge de la relance au Fédéral.

La proposition du MR de doubler le plafond d’investissement du Tax shelter pour doper l’économie numérique fait réagir. Concerné au premier plan, le secrétaire d’État socialiste Thomas Dermine chargé de la relance et des investissements stratégiques a tenu à réagir.

"Toutes les propositions sont bonnes à étudier mais objectivement aujourd’hui il y a énormément qui doit être fait pour aider au développement des start-ups numériques et je ne pense pas que le financement en fasse partie. Ce n’est en tout cas certainement pas le problème prioritaire." Ça a le mérite d'être clair et le secrétaire d’État à la relance va même un pas plus loin : "Aujourd’hui en Belgique, il n’y a pas une bonne idée qui ne trouve pas de financement."

"Aujourd’hui en Belgique, il n’y a pas une bonne idée qui ne trouve pas de financement."
Thomas Dermine
Secrétaire d'État fédéral pour la Relance et les Investissements stratégiques

Selon lui, les causes sont plus profondes qu'un accès difficile aux financements et associer la mobilisation de l’épargne aux start-ups le fait tiquer. "Imaginer que l’on puisse mobiliser l’épargne des Belges pour faire du financement à risque de start-ups technologiques, cela me paraît compliqué."

4 axes stratégiques pour le numérique

Thomas Dermine rejoint par contre le duo Bouchez-Michel, à l'initiative de la proposition libérale, sur la nécessité de faire grandir l’écosystème de jeunes pousses numériques en Belgique. Pour cela, il propose de se baser sur le diagnostic posé dans le cadre du plan de relance et qui a identifié quatre freins majeurs à la faible croissance de l’écosystème belge. Le diagnostic peut se résumer comme ceci : la Belgique est un petit marché, il y a un manque de talents numériques, une charge administrative trop complexe et un retard au niveau des infrastructures.

Pour ces quatre axes, plusieurs solutions sont déjà à l’étude. "Les autres petits marchés s’en sortent en se spécialisant. C’est ce que nous sommes en train de faire notamment avec la cybersécurité." La question des talents numériques est plus complexe, mais le secrétaire d’État est favorable, même si cela ne relève pas de ses compétences directes, à l’idée du MR d’introduire le numérique dans le tronc commun de l’enseignement secondaire. La charge administrative "est un vrai problème", selon le socialiste. Un problème qui est le grand chantier de Mathieu Michel qui veut faire de la Belgique une "Smart Nation". Enfin, concernant les infrastructures, comprenez 5G et fibre optique principalement, elles seront intégrées au plan de relance, nous explique-t-il.

L’accès aux fonds n’a donc pas été identifié comme essentiel pour le développement du secteur numérique en Belgique. Pas sûr pourtant que la proposition du MR soit enterrée aussi vite. Elle pourrait arriver sur la table du gouvernement via le membre le plus discret du duo Bouchez-Michel.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés