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"Toutes les possibilités de coalition seront envisagées"

Les deux informateurs royaux : Bouchez (MR) et Coens (CD&V). ©Photo News

Les nouveaux informateurs royaux ont expliqué mercredi leur méthode de travail. Ils n’écartent à ce stade aucune piste de coalition. Et espèrent que leur regard neuf pourra faire bouger les lignes.

C’était reparti pour une valse de nouveaux visages mercredi à la Chambre. Après les duos d’informateurs Reynders-Vande Lanotte et de préformateurs Bourgeois-Demotte, suivis par le solo de l’informateur Magnette, ce fut au tour de Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V) de présenter le cadre de leur mission, fraîchement reçue la veille des mains du souverain.

Quelle méthode de travail?

"On ne repartira pas de zéro. Nous n’allons pas faire comme si nous ne nous connaissions pas, ni ne connaissions pas les positions des uns et autres", ont prévenu d’emblée le Montois et le Brugeois. Ils entendent dès lors s’appuyer sur le travail déjà effectué jusque-là par leurs prédécesseurs en vue de préparer le nouveau round de consultation qui se jouera avec les dix partis toujours impliqués au Fédéral.

Les premières réunions étaient prévues mercredi après-midi. Avec un ordre de rencontre déterminé sur base des formations qui comptent le plus de parlementaires. La N-VA sera première, le Parti socialiste second. "Nous avons choisi simplement un critère objectif pour éviter toute spéculation sur nos intentions", a commenté le libéral.

"Si tout le monde agit avec sincérité, on devrait pouvoir arrêter un ou plusieurs formats de coalition possibles."

Quels atouts?

Ensemble, le duo entend amener un vent nouveau: "Il y a un intérêt à avoir des gens sans a priori et sans passif avec les uns et les autres, (...) avec une vision nouvelle, chargée de bonne volonté et d’optimisme", pour mener cette mission d’information.

Quel agenda?

Pour ce qui est de l’agenda, peu d’éléments ont par contre filtré. Si ce n’est qu’un premier rapport au Roi est attendu pour le 20 décembre. Ce qui laisse déjà augurer que les Belges ne recevront pas d’exécutif en cadeau pour la fin d’année. "Notre volonté est d’arriver à ce qu’un gouvernement voit le jour le plus rapidement possible", a rappelé le président du CD&V.

Pourquoi tant de prudence?

Et c’est à peu près tout ce qu’on en sait. En effet, les deux hommes n’ont pas souhaité en dire plus à ce stade, ni même ouvrir la conférence de presse qu’ils donnaient aux questions des journalistes. Objectif? Par la discrétion, maximiser leurs chances, comme l’avaient fait avant eux leurs prédécesseurs, jusqu’à ce que, dans le cas du président du PS Paul Magnette, les notes transmises aux partis en lice ne viennent à fuiter. Avec des conséquences que l’on ne mesure toujours pas encore bien à ce stade.

Quelle marge de manœuvre?

C’est que ne pas faire de vague est devenu important. Et pour cause, force est de constater qu’en l’état, la marge de manœuvre n’est pas grande pour quiconque doit composer en vue de former le prochain commandement de la maison Belgique. Deux choix – chacun avec son lot inhérent de plaies – sont sur la table: soit un arc-en-ciel (alliant socialistes, écologistes et libéraux, éventuellement renforcés, en sièges, par le CD&V, voire le cdH), soit une bourguignonne (alliant socialistes, N-VA et libéraux).

La première formule, en plus de rejeter le premier parti du pays dans l’opposition et de reposer sur une minorité de sièges côté flamand, associerait les deux partenaires de la N-VA au niveau régional. Pas simple. La seconde, elle, amènerait à voir cohabiter l’eau et le feu autour d’un accord de gouvernement partagé de part et d’autre. Pas simple non plus.

Quelles chances de réussite?

Mais Georges-Louis Bouchez et Joachim Coens disent pourtant y croire. "Si tout le monde agit avec sincérité, on devrait pouvoir arrêter un ou plusieurs formats de coalition possibles. Toutes les possibilités seront envisagées." Et le duo de rappeler: "Nous ne sommes qu’informateurs, pas formateurs".

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