"Triste spectacle", râle Bart De Wever

"Nous avons fait une offre aux divers partis et nous étions prêts à prendre nos responsabilités", explique Bart De Wever, le président de la N-VA. ©BELGA

Cette solution à la belge d'un gouvernement prolongé avec une mission précise et des pouvoirs spéciaux en rassure beaucoup, vu l'urgence. Mais Bart De Wever est agacé.

Bart De Wever continue de crier ce qu'il répète depuis des mois: la N-VA voulait vraiment un gouvernement avec le PS. "Nous avons fait une offre aux divers partis et nous étions prêts à prendre nos responsabilités", assure le président des nationalistes flamands. Mais les socialistes francophones ont toujours refusé d'opérer avec la N-VA et dimanche encore, alors que les partis flamands s'accordaient pour discuter d'un gouvernement d’urgence composé de dix ministres et dirigé par Sophie Wilmès, le PS a opté pour un soutien extérieur à l'équipe en place, option finalement choisie.

"Dans n'importe quel pays normal, les deux plus grands partis seraient montés dans un gouvernement, avec deux fois cinq ministres. Mais le PS n'a pas osé, et Ecolo et le cdH l'ont suivi."
Bart De Wever
Président de la N-VA

C'est une solution qui agace le président des nationalistes. "Je trouve ça vraiment dommage. Nous sommes face à une crise énorme, la plus grave du siècle, qui sera sans doute suivie d'une récession. Dans n'importe quel pays normal, les deux plus grands partis seraient montés dans un gouvernement, avec deux fois cinq ministres. Mais le PS n'a pas osé, et Ecolo et le cdH l'ont suivi." Sur Radio 1, il parlait d'un "triste spectacle".

Du côté du CD&V et de l'Open Vld, pour qui l'option de la continuité du gouvernement actuel permet de continuer à participer au pouvoir, on se montre bien sûr heureux de la solution.

Pour Paul Magnette, le président du PS, ce n'est pas le moment de nommer de nouveaux ministres. ©BELGA

Au PS, on mettait en avant le côté rationnel de la solution d'un soutien de l'extérieur: "Ce n'est pas le moment de nommer de nouveaux ministres. Depuis jeudi, nous voyons que le gouvernement fédéral collabore très bien avec ceux des Régions. Ce qui compte, c'est de prendre les mesures nécessaires", avait déjà lancé Paul Magnette dimanche en début d'après-midi, en arrivant à une réunion avec les présidents des partis socialistes, libéraux, du CD&V et de la N-VA. 

"Much ado about very little"

Le gouvernement en affaires courantes reste donc aux affaires..."Much ado about very little" (beaucoup de bruit pour pas grand-chose), selon Bart De Wever, qui tique aussi sur le principe même des pouvoirs spéciaux. "Pourquoi a-t-on besoin de pouvoirs spéciaux? Je ne le sais pas, sauf si le Parlement ne pouvait plus se réunir. Mais qui dirait aujourd'hui à Maggie De Block qu'il ne faut pas acheter de masques ou ne pas prévoir de budgets supplémentaires pour les médecins", a poursuivi Bart De Wever.

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Notons que la portée de ces pouvoirs spéciaux n'est pas encore définie. Sophie Wilmès a convoqué les présidents de parti en fin d'après-midi ce lundi (à 17h) pour en parler. Les contours des pouvoirs spéciaux ainsi que la méthode de travail pour les prochaines semaines devraient être précisés à cette occasion.

"Je n'ai encore rien vu. Nous allons envoyer quelqu'un à cette réunion et examiner les textes pour voir s'ils apportent quelque chose de plus aux pouvoirs dont dispose déjà le gouvernement", a encore glissé Bart De Wever. Il a néanmoins promis de se montrer constructif: "Ce gouvernement présentera une proposition de plein pouvoir pour gérer cette crise du coronavirus dans les prochains mois. Nous allons évaluer le contenu de cette proposition de manière constructive."

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