Tueurs du Brabant: le suspect est Jean-Marie Tinck

©BELGA

Coup de tonnerre dans l'affaire des Tueries du Brabant. Un mandat d'arrêt a été décerné, pour la première fois depuis le début de l'enquête. 30 ans après, donc. L'homme, dénoncé par trois personnes dont deux sont décédées depuis, nie les faits. Ce suspect est Jean-Marie Tinck.

Les déclarations d'un Français, qui aurait reçu les confidences du suspect dans le dossier des Tueries du Brabant, ont conduit la juge d'instruction Martine Michel à délivrer un mandat d'arrêt sous neuf chefs d'inculpation, ont indiqué vendredi le procureur du Roi de Charleroi, Pierre Magnien, et les procureurs généraux de Liège et Mons, Christian De Valkeneer et Ignacio de la Serna.

 L'individu, qui nie les faits, avait été reconnu en 1997 sur un portrait-robot. Mais les analyses ADN de l'époque n'avaient pas confirmé les suspicions. Les nouvelles techniques pourraient par contre donner un autre résultat.

Un mandat d'arrêt a été décerné mardi dernier à l'encontre d'un Bruxellois suspecté d'avoir participé aux Tueries du Brabant, ont précisé Pierre Magnien, Christian De Valkeneer et Ignacio de la Serna lors d'une conférence de presse. L'individu, bien connu de la justice pour des faits graves "d'atteintes aux personnes", a été placé sous mandat d'arrêt mardi sous neuf chefs d'inculpation, dont celui de vol avec violence avec la circonstance aggravante de meurtre. Ce mandat d'arrêt a été confirmé vendredi par la chambre du conseil de Charleroi. Il n'est cependant, à ce stade, qu'un suspect. Les investigations vont se poursuivre.

Qui?

Qui?

Selon divers médias, l’homme placé sous mandat d’arrêt dans l’affaire des tueries du Brabant est Jean-Marie Tinck. Ce Bruxellois, originaire de Binche, a tué à plusieurs reprises dans les années 80’. Il a notamment abattu le patron d’un café ucclois.


Voici ce qu'explique Sudpresse: "Marin et charpentier de formation, Jean-Marie Tinck, était connu pour être un Bruxellois avec un accent wallon. C’est d’ailleurs ainsi qu’il avait été décrit par les enquêteurs lançant à l’époque un avis de recherche à son encontre. En 1997, des témoins l’ont reconnu comme étant le portrait-robot numéro 17, communiqué à l’époque. (...) Mais les analyses ADN n’avaient pas confirmé son implication dans les tueries du Brabant. Cette fois, avec les avancées scientifiques en matière d’ADN, il ne devrait pas y échapper…"

 

Express

  • Entre septembre 1982 et novembre 1985, les tueurs du Brabant ont laissé vingt-huit cadavres derrière eux.
  • Leurs attaques de supermarchés Delhaize et Colruyt ont été comparées à de véritables opérations commando. Les butins dérisoires et le fait qu'ils ont souvent cherché - et trouvé - la confrontation directe avec les policiers ont fait dire à certains que les tueurs étaient apparentés de près ou de loin aux forces de l'ordre. Une thèse partiellement soutenue par une première commission d'enquête parlementaire mise sur pied en 1988.
  • Une seconde commission, créée en 1996, n'a pas permis de faire la lumière sur cette page sanglante des années quatre-vingt.

Jean-Edmond Mairiaux, avocat du suspect, a rappelé sur RTL-TVi que son client n'a pas fait d'aveux et nie tous les faits. Des analyses psychologiques doivent déterminer si le suspect est mythomane.
    Les enquêteurs de la Cellule du Brabant wallon, chapeautés par la juge d'instruction Martine Michel, ont récolté au début de l'année le témoignage d'un citoyen français affirmant avoir reçu les confidences du suspect. Or, ce dernier faisait partie du panel de portraits-robots diffusé en 1997. Trois personnes, à l'époque, l'avaient reconnues mais deux d'entre elles sont décédées depuis lors.

Le suspect serait impliqué comme auteur ou co-auteur de la première vague de crimes et indirectement concerné pour la seconde. L'homme nie actuellement les faits. L'individu a déjà purgé des peines de prison mais n'était pas détenu au moment des faits. Pour rappel, ces crimes sanglants ont fait 28 morts entre 1982 et 1985.

D'autres analyses semblent démontrer que les objets découverts en 1985 à Ronquières n'ont effectivement pas séjourné une année dans l'eau. Selon Christian De Valkeneer, il est donc possible que la bande était toujours en activité à ce moment. De nouvelles méthodes d'analyses, qualifiées d'expérimentales, sont toujours en cours. Les résultats sont attendus au mois de juin.

Les faits imputés aux "tueurs du Brabant" seront prescrits le 10 novembre 2015. Ce délai risque d'être trop court pour permettre la tenue d'un procès d'assises, a indiqué le procureur général de Liège, Christian De Valkeneer. D'autant que le mandat d'arrêt décerné mardi par la juge Martine Michel n'interrompt aucunement la prescription.

Les délais de fixation et des devoirs d'enquête qui restent à effectuer rendent quasi impossible la tenue d'un procès dans un délai aussi court, souligne le procureur général.

Voici quelques semaines, Christian De Valkeneer avait publiquement plaidé pour une extension du délai de prescription de 30 à 40 ans. "Il serait effectivement intéressant que le futur gouvernement se penche sur cette question", a-t-il déclaré lors de la conférence de presse.

Express

Le procureur général de Mons, Ignacio de la Serna, estime que la divulgation dans la presse de l'identité du suspect placé sous mandat d'arrêt mardi dernier dans le dossier des Tueries du Brabant porte atteinte à la présomption d'innocence et peut compromettre la suite de l'instruction.

Les autorités judiciaires déplorent et regrettent profondément que, malgré leur demande expresse de ne pas révéler d'informations sur l'identité de la personne arrêtée, certains médias ont dès le lendemain de la conférence de presse non seulement communiqué son identité mais en outre ont publié sa photo, indique le procureur général de Mons, Ignacio de la Serna, dans un communiqué de presse.

"Cette manière d'agir est doublement problématique. Tout d'abord elle porte atteinte à la protection de la vie privée de l'inculpé et à sa présomption d'innocence. Ensuite, la diffusion de cette information est de nature à compromettre le bon déroulement de la suite de l'instruction", précise-t-il.

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés