Un accord sur les salaires est indispensable

Newsmanager

Le gouvernement De Croo étale ses divisions sur les salaires. Il tente de forcer un accord social auprès des patrons et syndicats. Mais les clivages sont profonds.

La grenade est dégoupillée. Patrons et syndicats n’ayant pu, à ce stade, trouver un accord sur l’évolution des salaires, le brûlot est revenu sur la table du gouvernement De Croo. À l’approche du 1er mai, les esprits se sont échauffés. Les socialistes ont embrayé sur les revendications syndicales visant des hausses de rémunération supérieures à 0,4% dans les secteurs en bonne santé. Ils ont menacé de bloquer les dividendes des actionnaires et les bonus des patrons. Les libéraux sont restés sur une ligne proche des employeurs, ne voulant pas aller au-delà de la norme salariale afin de préserver la compétitivité des entreprises.

Dans ces postures, il y a bien sûr une part de musculation politique. La Fête du Travail est un moment propice aux déclarations matamoresques. Les socialistes, en particulier, peuvent difficilement apparaître trop en retrait des syndicats, mais aussi du PTB.

Mais, quelle qu’en soit l’issue, cette passe d’armes a révélé au grand jour les failles du gouvernement De Croo. Constituée un peu par défaut au terme d’une interminable saga politique, associant sept partis aux programmes souvent antagonistes, la coalition apparaît précarisée. La crise sanitaire a mis les dissensions potentielles sous l’éteignoir. Les thèmes socio-économiques les font resurgir. Les discours du début de mandat, vantant l’efficacité et la mise en route d’une "nouvelle Belgique", semblent aujourd’hui bien loin. Et cela n’augure rien de très positif sur la stabilité de l’exécutif et sur la concrétisation de ses ambitions à l’avenir.

Un crash politique et/ou une rupture de la paix sociale seraient plus que malvenus alors que les crises sanitaire et économique plombent déjà lourdement notre pays.

Gauche et droite ne partagent ni la même vision ni les mêmes projets. Leur seule échappatoire reste de nouer des compromis, avec tout ce que cela comporte de renoncements. Pour le PS, par exemple, ne pas obtenir des avancées substantielles pour des hausses salariales l’expose aux critiques faciles du PTB. Trop de concessions et le retour de flammes électoral est garanti. Idem dans les rangs libéraux: lâcher trop de lest sur les salaires en pleine crise économique est difficilement audible pour leurs troupes. La N-VA, notamment, n’attend que ça.

Voilà pourquoi la question salariale est dangereuse pour le gouvernement. Pour que la grenade n’explose pas, le Premier ministre Alexander De Croo et le ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne jouent aux démineurs et pressent les partenaires sociaux de renégocier. Un peu de raison, d’inventivité et de flexibilité sont nécessaires. Un accord social est indispensable. Faut-il préciser qu’un crash politique et/ou une rupture de la paix sociale seraient plus que malvenus alors que les crises sanitaire et économique plombent déjà lourdement notre pays?

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés